Activité ralentie, automatisation, UPS va supprimer 12.000 emplois

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Le groupe américain de messagerie et de livraison de colis UPS va supprimer 12.000 emplois, a annoncé mardi sa directrice générale, Carol Tomé, une décision liée au ralentissement de son activité, mais aussi au recours accéléré à l’automatisation.

Ce plan social, qui touche l’ensemble de l’entreprise au niveau mondial, va entraîner le départ d’environ 2% des effectifs de la société, qui compte environ 500.000 salariés.

Il va permettre des économies d’un milliard de dollars en 2024, a précisé Mme Tomé lors de la conférence téléphonique de présentation des résultats.

“En 2023, la conjoncture économique et les conditions externes (au groupe) ont eu pour effet de moindres volumes et une baisse de chiffre d’affaires de 9 milliards de dollars sur un an”, a expliqué UPS dans une déclaration transmise à l’AFP.

“Par conséquent, UPS a annoncé aujourd’hui un plan d’ajustement de ses effectifs qui va entraîner la suppression d’environ 12.000 postes dans le monde durant les prochains mois”, a poursuivi l’entreprise.

Au quatrième trimestre, le chiffre d’affaires de United Parcel Service, son nom complet, a fléchi de 7,8% sur un an, à 24,9 milliards de dollars.

“2023 a été une année unique et difficile”, a résumé Mme Tomé.

Les flux sont en baisse dans tous les segments d’activité d’UPS, les Etats-Unis et les livraisons par avion étant particulièrement touchés.

Stewart Glickman, de CFRA, a relevé que les volumes s’étaient un peu redressés en décembre, “mais il ne semble pas que l’on soit proche d’un retour à la croissance. Le consommateur reste sous pression”.

L’analyste a rappelé que, dans le même temps, l’entreprise faisait face à une augmentation de ses coûts consécutive à la conclusion d’un nouvel accord collectif, en août, avec le puissant syndicat américain des routiers (International Brotherhood of Teamsters).

La nouvelle convention prévoyait une augmentation du salaire horaire de 2,75 dollars en moyenne dès 2023, et de 7,5 dollars sur la durée de vie de l’accord, soit cinq ans.

“Si vous combinez ces deux éléments, cela fait beaucoup de facteurs défavorables à absorber”, souligne M. Glickman.

Changement de méthodes

Carol Tomé a expliqué que ce redimensionnement des effectifs était le résultat d’une réorganisation du groupe et pas seulement la conséquence du ralentissement de son activité ces derniers mois.

“C’est un changement dans notre façon de travailler”, a déclaré la directrice générale. “Donc une fois que les volumes auront augmenté, nous ne prévoyons pas de rétablir ces postes.”

UPS a engagé un programme massif d’automatisation de ses centres de traitement des plis et des colis. Il a notamment créé un site baptisé UPS Velocity, à Louisville (Kentucky), où une partie des opérations sont assurées par quelque 700 robots.

Pour Stewart Glicklman, l’automatisation des opérations était déjà en cours chez UPS, “et l’intelligence artificielle la renforce”.

Le mouvement explique, pour partie, que le groupe a réussi à faire baisser ses coûts au quatrième trimestre (-2,9%), malgré l’entrée en vigueur du nouvel accord collectif.

Le marché a mal réagi à la mauvaise surprise du chiffre d’affaires du quatrième trimestre, sensiblement inférieur aux attentes des analystes. Vers 19H00 GMT, l’action perdait 7,05% à la Bourse de New York.

Le bénéfice net ressort à 1,6 milliard de dollars, divisé par plus de deux (-53%) sur un an.

L’un des principaux concurrents d’UPS, FedEx, a supprimé quelque 29.000 postes durant son exercice 2023, clôturé fin mai.

Troisième acteur majeur du marché américain, DHL a également procédé à des licenciements, mais dans des proportions nettement moindres que ses deux rivaux.

Les sociétés de transport de colis et plis font face, depuis fin 2022, à une réduction des flux, après une flambée pendant la pandémie de coronavirus.

tu/elm/eb

La directrice générale d’UPS Carol Tomé le 8 novembre 2023 à Washington
• Kevin Dietsch