Au Congrès d’EELV, les écologistes se cherchent une cheffe

The content originally appeared on: Martinique FranceAntilles

Ce sera forcément une femme: les adhérents d’Europe Ecologie-les Verts esquisseront samedi le portrait de leur nouvelle cheffe parmi six prétendantes, lors d’un premier vote pour tenter de “refonder” un…

Ce sera forcément une femme: les adhérents d’Europe Ecologie-les Verts esquisseront samedi le portrait de leur nouvelle cheffe parmi six prétendantes, lors d’un premier vote pour tenter de “refonder” un parti toujours divisé et peu audible.

La nouvelle dirigeante du parti ne devrait pas être officiellement connue samedi soir, mais les résultats de ce “congrès décentralisé” en régions, où les 11.000 adhérents voteront pour la motion qu’ils préfèrent, permettront de connaître les grands rapports de force.

Ils voteront aussi pour élire les membres du futur conseil fédéral du parti et les 400 délégués qui désigneront formellement la nouvelle secrétaire nationale lors d’un “congrès fédéral” prévu le 10 décembre à Rungis (Val-de-Marne).

Si aucune motion n’atteint 50% des voix samedi, des négociations s’engageront pour des fusions. 

Après le piteux 4,6% du candidat écologiste à la présidentielle, Yannick Jadot, qui n’a pas réussi à s’imposer au moment où l’enjeu écologique est devenu une priorité, la nouvelle cheffe devra d’abord redonner espoir à ses troupes.

Elle devra aussi réconcilier le parti, marqué par les luttes internes, notamment entre Yannick Jadot et la députée Sandrine Rousseau, et fragilisé par “l’affaire” Julien Bayou. Le secrétaire national sortant est accusé par Sandrine Rousseau de violences psychologiques contre une ex-compagne, ce qu’il conteste.

Six femmes sont en lice mais le sort du parti devrait surtout se jouer entre trois d’entre elles.

Marine Tondelier, élue à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) et membre de la direction sortante, est considérée comme la favorite. Partie en campagne il y a plus d’un an, et membre de la direction sortante, elle est soutenue notamment par Julien Bayou. 

Ses deux challengers sont Sophie Bussière, conseillère régionale Nouvelle-Aquitaine et soutenue par l’eurodéputé Yannick Jadot, et Mélissa Camara, élue lilloise soutenue par la députée écoféministe Sandrine Rousseau et une partie de l’aile gauche d’EELV.

“Massifier” le parti

Trois autres femmes présentent des motions plus confidentielles, mais au rôle stratégique en cas de fusion de liste.  

L’ex-candidate aux régionales en Bretagne, Claire Desmares-Poirrier, défend les territoires, le fédéralisme et la décroissance; la responsable des élections, Hélène Hardy, appelle à tourner davantage le parti vers les quartiers populaires; et la membre du bureau exécutif, Géraldine Boyer, revendique un héritage libertaire. 

Elles ont toutes en commun de vouloir “massifier” le parti, et l’étendre vers les territoires ruraux et les quartiers populaires, où il est peu implanté. Marine Tondelier souhaite notamment “un million de sympathisants” à la fin de ce mandat.

Elles souhaitent aussi pour la plupart “refonder” le parti”, en modifiant ses règles internes, souvent considérées comme complexes et peu propices à la conquête du pouvoir.

Mais elles divergent sur le positionnement du parti vis-à-vis de l’alliance de gauche Nupes, et sur leur rapport à la radicalité.   

Marine Tondelier comme Sophie Bussière prennent leurs distances avec la Nupes, estimant nécessaire de travailler d’abord à “un nouveau grand parti de l’écologie”. Toutes deux revendiquent une liste autonome aux Européennes.

Mais Sophie Bussière tente de se démarquer en critiquant la direction sortante -et donc Marine Tondelier- qui “n’a pas tenu ses promesses de transformations du parti”, selon elle. 

A l’inverse, Mélissa Camara défend elle la Nupes, dans laquelle EELV doit, selon elle, être “une force motrice de la gauche”. Aux Européennes de 2024, elle prône de ne pas fermer la porte à une liste commune.

Mme Camara, qui porte les combats de “l’écoféminisme, l’antiracisme, l’anticapitalisme et l’intersectionnalité”, défend aussi “une forme de radicalité, de rupture” et souhaite que le parti retrouve toute sa place dans les mouvements de désobéissance civile.

Tout en soutenant une forme de radicalité, Marine Tondelier dénonce “le buzz” et “la twitterisation” de la vie politique, dans un tacle à peine voilée à Sandrine Rousseau. Ce qui fait dire à Melissa Camara, que “chez les copains, j’ai l’impression que c’est +tout sauf Rousseau+”. 

caz/jmt/swi

Helene Hardy, candidate au poste de dirigeant de EELV lors d’une session photo à Paris le 15 novembre 2022
• JOEL SAGET

Marine Tondelier, candidate au poste de dirigeante du parti EELV, lors d’une session phot à Paris le 3 novembre 2022
• JOEL SAGET

Sophie Bussière, candidate pour le poste de dirigeante du parti EELV, lors d’une session photo à Paris le 28 octobre 2022
• JOEL SAGET