De Beauport à Gardel : l’analyse de Raymond Moustache

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Par Stéphanie VÉLIN
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Après être longtemps restée en friche, l’ancienne usine de Beauport (Port-Louis) est à présent un site touristique. • DR

34 ans après la fermeture de l’usine Beauport à Port-Louis, Raymond Moustache revient sur les dernières années de la sucrerie qu’il a dirigée. À cette occasion, l’ancien directeur partage sa vision du conflit qui perdure dans la filière canne.

«An po jan vwè lizin fèmé pou’y réouvè », dit
Raymond Moustache dans un éclat de rire. L’ancien directeur de
l’usine Beauport se souvient des commentaires qu’il a entendus lors
de la fermeture de l’une des dernières usines sucrières en
Guadeloupe. L’usine Beauport à Port-Louis a définitivement fermé en
1990.

L’usine Beauport n’était pas condamnée à
fermer

Après cinq ans de tentatives de redressement
économique, la plus importante usine du nord Grande-Terre ferme ses
portes peu après le passage du dévastateur cyclone Hugo, dans la
nuit du 16 au 17 septembre 1989. Mais pour Raymond Moustache, les
forces de la nature ont bon dos. « L’industrie sucrière était
en crise pour différentes raisons bien avant le cyclone Hugo. Après
Hugo, le coup de grâce a été porté », affirme l’ancien
dirigeant de Beauport. Si les figures politiques de l’époque sont
aussi visées, le sort de l’usine Beauport résulte d’abord d’un
échec de gestion. Raymond Moustache s’emporte : « la gestion
tant technique que celle du personnel était nulle à ch***! »
Puis il développe :…