Décès de l’écrivain martiniquais Raphaël Caddy

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Installé depuis de nombreuses années à Ducos et auteur de plusieurs ouvrages, le Martiniquais s’est éteint ce jeudi 28 juillet à l’âge de 93 ans. 

Raphaël Caddy est décédé à 93 ans. Installé depuis de nombreuses années à Ducos, l’écrivain martiniquais né à Fort-de-France avait achevé il y a peu de temps, malgré la crise du Covid, le deuxième tome de son cycle Le chant du Cygne (et brusquement la nuit). Ces pages qui évoquent la Martinique et l’Hexagone au sortir de la guerre résonnaient d’impressions musicales, picturales, d’expressions créoles et du souvenir de multiples rencontres. 

Raphaël Caddy chérissait ces correspondances entre les arts en lien avec son propre parcours familial. Il avait encouragé des cours de musique dans la famille avec les soeurs Nardal ou Victor Coridun mais c’est dans une forme plus descriptive qu’il s’est lui-même précocement engagé et nombre de ses toiles, paysages de plages ou de forêt restent accrochés aux murs de nombreuses maisons dans l’île. 

Ecriture multiforme

Écriture autodidacte comme il réclamait volontiers, mais remplie de références, de Voyage au bout de la nuit à Dante, la ligne de Raphaël Caddy répond à la fois à un besoin de témoignage et en même temps navigue comme observateur (davantage qu’acteur) dans la grande richesse des événements contemporains qu’il a croisés, côtoyés et sans doute reconsidérés au moment du travail à la table. 

En ce sens, son oeuvre se veut fresque avec une poésie initiale construite dans son parcours comme des croquis qui amènent le lecteur, sans jugement à une proximité de focale avec son propre statut de témoin. Difficile relation au père, question de la transmission, Stéphane Doria comme il pouvait se présenter à la première personne (hommage à sa mère Camille) utilisait une écriture nourrie aussi de ses voyages résidences (en Corse, Algérie, Indochine) qu’il mettait du temps à mettre en forme et qui s’était exprimée sous diverses formes comme les poèmes (le recueil Titim) et des cycles dont Les trois tamboos du vieux coolie, Noël noir ou Un train dans la nuit.