(DOCUMENT AUDIO) Décédée après un appel au Samu : le récit de 10 minutes 36 secondes de détresse

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R.L. et C.G.
Jeudi 14 Avril 2022 – 12h40

 Le 21 août 2020, après être sortie des urgences de Meaux vers 3 heures du matin, Yolande Gabriel passe un dernier appel au Samu, depuis chez elle, à Reuil-en-Brie (Seine-et-Marne). Il est 7h21. Elle décèdera dans sa cuisine. En appui de notre dossier du jour, France-Antilles vous propose un extrait de l’appel téléphonique au Samu. A écouter ici.

Celui-ci intervient au bout de 6 minutes et se présente comme un médecin du Samu. « On m’a expliqué un petit peu, vous êtes allée aux Urgences de Meaux hier, pour les mêmes motifs, les mêmes symptômes qui vous font appeler ce matin. » Madame Gabriel précise que « ça s’accentue » et recommence à parler de son hospitalisation du 16 juillet… « Oui mais ça j’ai vu, j’ai vu, j’ai vu… », coupe-t-il sèchement, demandant plutôt quel médicament lui a été prescrit. Il l’interroge ensuite sur le nom de son anticoagulant. Madame Gabriel semble ne pas savoir (on l’entend chercher, bafouiller).

Celui-ci intervient au bout de 6 minutes et se présente comme un médecin du Samu.
(Extrait de l’appel de madame Gabriel au Samu de Seine et Marne (l’intégralité de l’appel dure 10 minutes 36). Nous avons choisi de diffuser la fin de l’appel et la discussion avec le médecin. Attention, certains passages peuvent apparaître comme étant de nature choquante, compte tenu du décès de la victime survenu par la suite).


« On m’a expliqué un petit peu, vous êtes allée aux Urgences de Meaux hier, pour les mêmes motifs, les mêmes symptômes qui vous font appeler ce matin », commence le médecin. Madame Gabriel précise que « ça s’accentue » et recommence à parler de son hospitalisation du 16 juillet… « Oui mais ça j’ai vu, j’ai vu, j’ai vu… », coupe-t-il sèchement, demandant plutôt quel médicament lui a été prescrit. Il l’interroge ensuite sur le nom de son anticoagulant. Madame Gabriel semble ne pas savoir (on l’entend chercher, bafouiller).>L’appel de détresse dure 10 minutes 36, selon l’enregistrement de la conversation de l’appel au Samu Centre 15 de Seine-et-Marne. « Je ne vais pas bien », lâche Yolande Gabriel à une opératrice, au bout du fil. Avec difficulté, la Martiniquaise de 65 ans tente d’expliquer sa situation depuis le 16 juillet et une première hospitalisation(Notre DOSSIER complet à lire ici).

Elle détaille avoir été aux urgences de Meaux, la veille, mais que les médecins ne l’ont pas gardée, malgré des mauvais résultats à l’électrocardiogramme. Au téléphone, elle évoque « des douleurs plus fortes » une fois rentrée chez elle, peu après 3 heures du matin. Des douleurs « beaucoup plus fortes depuis une semaine et qui s’accentuent depuis ce matin ». L’opératrice lui demande de patienter pendant qu’elle « en parle au médecin ».

« Madame, il faut vous calmer »
« Madame, il faut vous calmer, vous n’avez pas 36 000 médicaments à prendre et vous ne savez pas quel médicament vous prenez ? », interroge-t-il, avec un peu d’agacement, lui demandant si elle n’a pas son ordonnance. Quelques secondes plus tard : « Et là, vous nous rappelez, c’est quoi votre intention dans votre tête ? ». Madame Gabriel s’exprime de façon hachée, parfois de façon inaudible et répond tant bien que mal au médecin. Ce qui agace le praticien, au fil de la discussion et de ses questions. « Vous m’entendez au téléphone ou pas ? Est-ce que vous m’entendez ? (…) Je (ne) vous entends plus, si vous parlez plus dans le téléphone on ne peut pas s’entendre (…) ». A l’autre bout du combiné, Madame Gabriel semble suffoquer. « Mais p… ! Mais parlez dans le téléphone ! », s’énerve-t-il, promettant « d’envoyer l’ambulance » et raccrochant.

45 minutes plus tard, un premier appel de la fille de Madame Gabriel au Samu s’enquiert de l’arrivée des secours. Sa mère est inconsciente, est évanouie dans la cuisine. Une heure après l’appel de Madame Gabriel, la fille rappelle une seconde fois. « Elle est toujours inconsciente, elle a la bouche ouverte, elle ne respire pas. » Malgré les massages cardiaques commencés par ses proches, les secours n’arriveront pas à temps pour sauver la sexagénaire…

Contacté, le Samu 77 n’avait, pour l’heure, pas répondu à nos sollicitations (Dossier complet à lire ici)