En Martinique, la crise sanitaire a libéré l’envie de se faire tatouer

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Les deux dernières années de crise sanitaire ont, selon les tatoueurs de Martinique, libéré les envies de se marquer la peau. Dans le sud de l’île, les professionnels du secteur ont des agendas bien chargés. 

Malgré la crise sanitaire, les salons des tatoueurs n’ont pas désempli. Les clients sont au rendez-vous avec une envie décuplée d’aller jusqu’au bout de soi. Max et Daz, tatoueurs au Diamant, font le constat qu’à la sortie du confinement et à la levée progressive des restrictions, l’affluence a repris de manière un peu plus importante.

Pour Max, tatoueur depuis 20 ans, l’envie de vivre quelque chose ou de se sentir vivant a libéré la clientèle. « Certains se sont lancés dans de grands projets mûrement réfléchis, commence Max, spécialiste du tatouage polynésien. Ils font des pièces de plus en plus engagées et plus grandes ».
 

Une clientèle prête à s’assumer

Aziza Abderrahim, installée du côté de la poterie des Trois-Ilets, ne chôme pas non plus. Elle raconte que cette année il y a eu certaines personnes qui ont fait le choix de se faire tatouer pour la première fois. D’autres viennent entre amis ou en famille. La tatoueuse a même déjà vu des septuagénaires franchir le pas de son salon. Une clientèle prête à s’assumer, à aller jusqu’au bout et à apprivoiser la douleur pour mieux se connaître et s’assumer, analysent les professionnels.

Les salons de tatouage ont vu une nouvelle clientèle arriver depuis la levée des restrictions liées à la pandémie.- D.P

Une trentaine d’heures de travail

Sébastien Jouas, 53 ans et mandataire immobilier, fait partie de ces nouveaux clients. Après son premier tatouage il y a vingt ans, il a décidé cette année de se revêtir le corps de tatouages. “Mon corps est unique, commence-t-il, allongé paisiblement sans broncher. Toute mon histoire est écrite en tatouages polynésiens “.


Le quinquagénaire a choisi une tenue complète. Il l’a longuement pensée avec son tatoueur Max. Ce projet a commencé il y a six mois environ. Une trentaine d’heures de tatouage ont déjà été réalisées sur sa peau. Et Sébastien ne compte pas en rester là. Un aussi grand projet plaît à son tatoueur : « j’apprécie beaucoup ce travail d’habiller le corps et l’étalement sur des mois sur une seule personne. Le résultat final de personnalisation du corps est génial. Il y a bien sûr des parties du corps plus sensibles que d’autres, comme la colonne vertébrale, l’épaule ou encore l’intérieur des bras. Mais il faut que la douleur soit vive et vivante », précise-t-il dans un sourire.