Grève à Carrefour Market du François : grévistes et syndicats se sont rassemblés devant le Carrefour Market du François

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En grève depuis 88 jours, les grévistes du Carrefour Market du François, accompagnés des organisations syndicales, se sont mobilisés, ce samedi matin (14 mai 2022), face à leur supermarché. 

Alors que la grève à Carrefour Market du François dure depuis 88 jours, salariés, organisations syndicales, militants, élus et habitants se sont rassemblés, ce samedi matin (14 mai 2022), face au Carrefour Market du François. Plus de 50 personnes ont répondu à l’appel de la CSTM. Pour rappel, la grande majorité des salariés du Carrefour Market du François est en grève et réclame notamment une revalorisation des salaires, des tickets restaurants, des primes Covid et de transport, une subrogation de salaire. Employés et direction ne parviennent toujours pas à s’entendre sur les modalités de négociation. 

“Nous sommes toujours au même point, déplore Christelle Py, déléguée syndicale de la CSTM au Carrefour Market du François. On ne décide pas du choix des membres de la délégation de la direction, alors nous avons le droit de décider nos membres de notre délégation pour les négociations. En Martinique, l’usage veut, quand il y a une grève, que le secrétaire général du syndicat intervienne pour négocier. On a envie de reprendre le travail. Nous sommes en souffrance, témoigne-t-elle. Mais on tiendra jusqu’au bout car il ne faut pas créer un précédent. Notre secrétaire général doit être présent à la table des négociations.” 

Avant d’ajouter : “L’employeur fait une entrave au droit de grève en remplaçant les grévistes par des salariés d’une autre entreprise du groupe, des intérimaires et des CDD sont embauchés en catimini. La direction nous a consultés après avoir embauché des personnes. On dénonce ces comportements. Il fallait nous consulter avant pour qu’on puisse donner notre avis.” Les syndicats dénoncent “cette situation inacceptable, le manque d’humanité de la direction” et demandent du “respect”. 
 

“La direction respecte les syndicats et le droit syndical”

Dans un communiqué, l’avocate du Carrefour Market du François livre la vision de la direction. “Il est faux de dire que l’employeur veut interdire aux syndicats de manifester. La direction respecte les syndicats et le droit syndical. Elle est contre les méthodes antidémocratiques et irrespectueuses utilisées pendant ce conflit, faites notamment de blocages, d’intimidations et de contre-vérités.”

L’avocate explique qu’au sein de l’entreprise le secrétaire général de la CSTM a désigné une déléguée syndicale, habilitée à le représenter dans toutes les négociations : “Elle est totalement reconnue dans ses missions et dans ses prérogatives par la direction. Cette déléguée syndicale a signé, préalablement aux négociations annuelles obligatoires (NAO), un procès-verbal de méthode dans lequel était notamment fixée la composition de la délégation : 4 salariés de l’entreprise maximum y compris la déléguée syndicale. La direction du Carrefour Market du François et la délégation syndicale avaient aussi décidé du calendrier des négociations. Donc, il était clair pour tout le monde, et convenu, que le secrétaire général de la CSTM ne participerait pas aux négociations. Les réunions prévues par le calendrier n’étaient pas terminées quand le secrétaire général de la CSTM s’est interposé, décrétant l’échec des NAO, pour ensuite organiser le blocage du magasin.”

Cette dernière revient ensuite sur l’usage : “Certains évoquent un usage concernant la présence de secrétaires généraux, issu d’un arrêt de la Cour de cassation de 1994. Contrairement à ce qui est soutenu, cet arrêt ne consacre nullement un usage relatif à la présence d’un représentant syndical extérieur dans le cadre des NAO. De surcroît, l’accord fixant la délégation syndicale ne prévoyait pas la présence d’un représentant syndical extérieur.”

“Dire que le recours à la mise à disposition de salariés d’autres entreprises du groupe est une entrave au droit de grève, est inexact. En effet, seul le remplacement de grévistes par l’embauche de salariés en CDD ou en intérim est prohibé par la loi. Rien n’interdit à l’employeur de recourir à de la mise à disposition, ou à de la sous-traitance sous certaines conditions”, déclare-t-elle.

“La direction réaffirme sa volonté de s’asseoir à la table des négociations avec la déléguée syndicale de la CSTM et sa délégation interne. À maintes reprises, elle a accepté des modalités de négociation proposées par plusieurs tiers facilitateurs. Toutes ces propositions ont été refusées par le secrétaire général de la CSTM”, conclut l’avocate du Carrefour Market du François.

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