Grève: métro très perturbé à Paris mais pas de cohue, peu de manifestants attendus

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Peu de métros circulaient jeudi à Paris en raison d’une grève à l’appel de l’ensemble des syndicats de la RATP pour des hausses des salaires tandis qu’une journée d’action nationale organisée par la seule CGT…

Peu de métros circulaient jeudi à Paris en raison d’une grève à l’appel de l’ensemble des syndicats de la RATP pour des hausses des salaires tandis qu’une journée d’action nationale organisée par la seule CGT ne semblait pas mobiliser beaucoup de manifestants.

A Paris, ce n’était pas le chaos annoncé dans les transports: beaucoup de salariés avaient visiblement opté pour le télétravail ou une journée de congé avant un week-end de trois jours en raison du 11 Novembre.

“J’avais un peu peur de ce qui pouvait se passer avec un RER sur 2 mais finalement ça va, je n’ai attendu que cinq minutes avant de monter. Je prends ensuite le métro 3, ça devrait le faire en fin de compte”, témoigne Aurélien Hamzaoui, 31 ans, qui travaille à la Banque de France à Paris et habite à Chatou-Croissy (Yvelines). 

Dans le métro, seules les lignes entièrement automatisées 1 et 14 devaient rouler normalement, mais avec un “risque de saturation”, selon la RATP. Cinq lignes sont entièrement fermées (2, 8, 10, 11 et 12), les autres ne roulant qu’aux heures de pointe, avec un service fortement dégradé.

Sur la ligne 7, déjà fortement touchée par le manque de conducteurs en temps normal, Sylvie vient de laisser passer un métro à la station Riquet, rempli à bloc. Le tableau automatisé de la RATP indique que les prochains métros passeront dans 15 et 21 minutes. “Franchement, c’est n’importe quoi !”, glisse cette mère de famille de 46 ans.

“À part quelques usagers en colère, la plupart se montrent plutôt calmes et patients”, relève Nolwenn, 21 ans, agente de médiation RATP à Saint-Lazare.

A la SNCF, le mouvement soutenu par la seule CGT-Cheminots, ne causait guère de perturbations. Sur les lignes TER, neuf trains sur dix circulaient en moyenne.

A Nice, aucune des trois lignes de tramway ne fonctionnait. Fatima Roubiah, la cinquantaine, femme de ménage dans les grands magasins et qui “prend chaque matin le tramway” s’est fait déposer par son mari en voiture. “Un taxi c’est beaucoup trop cher, alors que nous on travaille à mi-temps et qu’on gagne moins de 1.000 euros par mois”, témoigne-t-elle. 

L’ensemble des syndicats (CGT, FO, Unsa, Solidaires) de la RATP ont appelé de longue date à la mobilisation pour demander des hausses de salaire et une amélioration des conditions de travail.

Les syndicats représentatifs (CGT, FO et Unsa) revendiquent en priorité des hausses de salaires (300 euros brut en plus pour tous demande la CGT) mais aussi une amélioration des conditions de travail et des recrutements. Une centaine de salariés se sont rassemblés devant le siège de l’entreprise.

“Aujourd’hui c’est un gros coup de semonce et on espère qu’ils vont l’entendre”, a prévenu le secrétaire général de la CGT-RATP, Bertrand Hammache. Le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, avait fait le déplacement pour soutenir ses troupes majoritaires parmi les conducteurs. Il a salué “une mobilisation pleine et entière”. 

La RATP n’envisage pas de nouvelle hausse de salaire dans l’immédiat – +5,2% en 2022 selon la direction – mais Jean Castex, dont la nomination à la tête de la régie a été validée par le Parlement mercredi, a fait savoir qu’il ouvrirait des négociations dès le mois de décembre.

Autre motif de mobilisation: la future réforme des retraites avec un report possible de l’âge légal de départ et la fin des régimes spéciaux.

FO ne participera en revanche pas à la manifestation à Paris, qui s’inscrit dans le cadre d’une journée de mobilisation interprofessionnelle à l’appel de la seule CGT.

Mercredi, Frédéric Souillot avait fustigé la multiplication des journées de manifestation “saute-mouton”, estimant que cette stratégie “non seulement c’est contre-productif, deuxièmement ça fait peu bouger les choses, troisièmement ça use les troupes”.

La précédente journée à l’appel de la seule CGT, le 27 octobre, en pleines vacances scolaires, avait peu mobilisé: la police avait recensé 14.000 manifestants en province et 1.360 à Paris.

Les autorités parient sur 50 à 60.000 manifestants au niveau national, dont 2.000 à 4.000 à Paris.

A Rennes, ils n’étaient d’ailleurs que 300 à manifester jeudi matin. Parmi eux, une demi-douzaine de personnels administratifs en grève contre leur exclusion de la prime de 183 euros accordée aux travailleurs sociaux suite au Ségur de la santé de juillet 2020.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, avait prévu de défiler à Nîmes où il est en déplacement dans le cadre des élections professionnelles dans la fonction publique.

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