« Il ne faut pas taper à côté du vrai problème »

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L’arrêté préfectoral instaurant le couvre-feu pour les mineurs dans plusieurs quartiers de Pointe-à-Pitre et des Abymes est entré en vigueur hier soir. De 20 heures à 5 heures du matin, les jeunes de moins de 18 ans n’ont pas le droit de circuler sans la présence d’un parent ou d’un adulte exerçant l’autorité parentale, et ce durant un mois renouvelable. En cas d’infraction, les contrevenants s’exposent à une amende de 750 euros. Selon Ary Broussillon, historien et sociologue, cette solution temporaire ne suffira pas à résoudre le problème de la délinquance juvénile en Guadeloupe.

Y-a-t-il de plus en plus de jeunes dans les
rues ?

Il y a un constat qui est indéniable, la
délinquance juvénile a augmenté. Ce n’est pas un problème qui est
propre à la Guadeloupe. Il y a également des dispositions qui sont
prises au niveau de la France hexagonale. Nous concernant, il y a
quelque chose qui est frappant c’est que de plus en plus la société
guadeloupéenne est en train de se déliter. Autrement dit, il y un
taux de déscolarisation très important chez les jeunes. Chaque
année, environ 1 500 jeunes quittent le système scolaire. La
grande majorité d’entre eux n’est pas diplômé et le pourcentage de
jeunes au chômage excède les 50%. Le problème de leur insertion se
pose. Les politiques de formation ne fonctionnent pas. Dans ce
contexte, la violence trouve de quoi s’alimenter et se nourrir. Au
sein des prisons, vous avez des jeunes qui étaient déjà dans la rue
à 14 ans et qui en sont à leur dixième incarcération. Ils sont
issus pour la plupart de familles monoparentales, avec des parents
qui ne travaillent…