Israël veut

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Israël s’est dit samedi déterminé à “accentuer la pression” dans sa guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza, après un véto américain à l’ONU sur une résolution proposant un cessez-le-feu dans le territoire palestinien, où les habitants tentent désespérément de se protéger des combats.

L’armée israélienne a mené des dizaines de frappes aériennes dans les zones de Khan Younès et de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, ainsi que des combats de rue acharnés dans plusieurs villes contre les membres du mouvement islamiste palestinien.

D’après le conseiller national pour la sécurité Tzachi Hanegbi, “plus de 7.000 terroristes” ont été tués dans le territoire palestinien surpeuplé.

Le général Halevi, chef de l’armée israélienne, a appelé à “accentuer la pression” militaire sur le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007.

Selon le ministère de la Santé du Hamas, le bilan des victimes dépasse 17.700 morts dans l’étroite bande de terre, pour la plupart des femmes et des enfants, depuis le début de la guerre.

Celle-ci a été déclenchée par l’attaque sans précédent perpétrée le 7 octobre par des commandos du Hamas qui se sont infiltrés depuis Gaza sur le territoire israélien, au cours de laquelle 1.200 personnes, en majorité des civils, ont été tuées, selon les autorités israéliennes. Environ 240 personnes avaient été prises en otage et emmenées à Gaza où 137 sont toujours retenues, selon la même source.

Israël a juré d'”anéantir” le Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni, entre autres, et promis de ramener les otages.

La branche armée du Hamas a de son côté revendiqué samedi de nouveaux tirs de roquettes vers le sud d’Israël depuis la bande de Gaza.

“La mort nous suit”

Dans un territoire palestinien où des quartiers entiers sont désormais des champs de ruines après un peu plus de deux mois de guerre, plus de la moitié des habitations ont été détruites ou endommagées et 85% de la population a été déplacée, selon l’ONU.

“Ils ont bombardé (le quartier de) Choujaiya avec des avions et des chars, c’était de la folie. Un obus a touché la maison et a blessé mon fils Mohammed, âgé de 20 ans”, raconte à l’AFP Suheil Abou Dalfa, 56 ans, dans la ville de Gaza. 

“Nous nous sommes réfugiés à l’hôpital al-Chifa. (…) Nous ne savons pas s’ils prendront d’assaut l’hôpital de nouveau. Qu’importe où nous allons, la mort nous suit”

Des milliers de personnes ont trouvé abri à l’hôpital al-Chifa, hors service après avoir été évacué par l’armée israélienne il y a une quinzaine de jours, selon un journaliste de l’AFP. Des déplacés ont installé des centaines de tentes de fortune faites de tissu recouvert de plastique ou de nylon dans les jardins et les cours intérieures. 

Dans le camp de Jabaliya, le marché a été transformé en cimetière, avec des tombes creusées à la hâte.

Tout au sud, près de la frontière égyptienne, une grande partie des 1,9 million de Gazaouis qui ont fui les combats et les bombes se retrouvent acculés à Rafah, à la frontière égyptienne, transformé en vaste camp de réfugiés.

Des maladies se propagent en raison de la surpopulation et des mauvaises conditions sanitaires dans les abris de l’agence de l’ONU dédiée aux réfugiés palestiniens (UNRWA) dans le sud du territoire.

Les distributions d’aide restent très limitées et insuffisantes, et les Gazaouis réfugiés à Rafah survivent comme ils le peuvent. 

Ici, un homme ramasse des branchages pour faire du bois de chauffage. Là, des habitants parcourent les décombres après des frappes dans leur quartier et récupèrent ce qui peut l’être, comme des couvertures.

“Nous avons fui la ville de Gaza vers Khan Younès, et ensuite Rafah, mais où peut-on aller après?”, a confié à l’AFP Fayez Nusseiri, à l’hôpital Al Najjar de Rafah.

“Explosion incontrôlable”

Le blocage par Washington de la résolution du Conseil de sécurité appelant à un “cessez-le-feu humanitaire immédiat” a été condamné par plusieurs pays, des ONG, le Hamas et l’Autorité palestinienne. Son président Mahmoud Abbas a déclaré samedi qu’il tenait les Etats-Unis pour “responsables de l’effusion de sang” à Gaza.

Pour sa part, l’Iran a mis en garde contre “la possibilité” d'”une explosion incontrôlable” au Moyen-Orient, tandis que les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont menacé d’attaquer tout navire dans la mer Rouge se dirigeant vers Israël si la population de la bande de Gaza ne recevait pas l’aide dont elle a besoin.

“Si le monde ne s’occupe pas de ça (…), nous agirons pour mettre un terme à ce siège naval”, a réagi le chef du Conseil national de la sécurité israélien, Tzachi Hanegbi.

Loin de marquer le pas, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis que son pays allait continuer sa “juste guerre” pour “éliminer le Hamas”.

Avec le soutien ferme des Etats-Unis: le gouvernement américain a approuvé samedi “d’urgence”, sans passer par le Congrès, la vente à Israël de près de 14.000 obus.

Le bilan s’est également alourdi en Cisjordanie occupée où trois hommes ont été tués par l’armée israélienne d’après le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne.

De son côté, Israël a indiqué vendredi avoir perdu 93 soldats à Gaza depuis le début de la guerre, ajoutant que deux autres militaires avaient été blessés lors d’une récente opération ratée visant à libérer des otages.

Otage mort

Samedi, les proches d’un otage israélien de 25 ans enlevé le 7 octobre ont confirmé sa mort. Le Hamas avait auparavant affirmé qu’un otage avait été tué au cours de la tentative de libération des otages par l’armée.

Les familles de captifs du Hamas et de groupes affiliés sont toujours rongés par l’angoisse. 

“Nous faisons de notre mieux pour nous soutenir les uns les autres, rester calmes. Ne pas s’effondrer”, confie à l’AFP Yechi Yehud, père de Arbel et Dolev, une soeur et son frère.

“Je préfère voir mes enfants libérés par des négociations, pas des actions militaires, car j’ai peur qu’ils soient tués par l’armée”, a-t-il dit.

Plusieurs centaines de personnes se sont par ailleurs rassemblées à Tel-Aviv samedi soir pour appeler le gouvernement à négocier pour faire libérer les captifs.

Fin novembre, 105 otages, dont 80 Israéliens, avaient été relâchés dans le cadre d’un accord de trêve de sept jours, en échange de 240 prisonniers palestiniens détenus dans des prisons israéliennes.

Les tensions hors de Gaza faisaient toujours planer le spectre d’un élargissement du conflit.

A la frontière nord d’Israël notamment, les échanges de tirs se sont multipliés entre l’armée israélienne et le mouvement libanais Hezbollah, allié du Hamas soutenu par l’Iran, depuis le début de la guerre.

Samedi, l’armée israélienne a déclaré avoir riposté à des “tirs” depuis le Liban en direction de la zone de Misgav Am, à la frontière nord d’Israël.

bur-ved/vl

Conseil de sécurité de l’ONU : les vetos contre les projets de résolution sur les territoires palestiniens
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