Kim Jong Un supervise un test de moteur pour missile hypersonique

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Le numéro un nord-coréen Kim Jong Un a supervisé l’essai réussi d’un moteur à combustible solide pour un “nouveau type de missile hypersonique de portée intermédiaire”, a rapporté mercredi l’agence d’Etat KCNA.

Le test a été conduit mardi par l’organisation nord-coréenne chargée des missiles sur le site de lancement de satellites de Sohae, dans le nord-ouest du pays, selon KCNA.

Il s’agissait, selon cette même source, d'”un essai au sol de moteur à combustible solide pour un nouveau type de missile hypersonique de portée intermédiaire”.

“La valeur stratégique de ce système d’armement sur le plan militaire est aussi importante que celle des ICBM” (missiles balistiques intercontinentaux), a mis en avant Kim Jong Un d’après l’agence officielle.

Le leader nord-coréen a également déclaré que l’essai avait permis “de confirmer le calendrier d’achèvement” du nouveau système de missiles, sans donner plus de détails. 

Fin 2023, Pyongyang avait annoncé avoir mené une série d’essais au sol d’une nouvelle classe de moteur à combustible solide pour en équiper ses missiles balistiques de portée intermédiaire (IRBM).

Les missiles hypersoniques se déplacent à une vitesse d’au moins Mach 5, soit plus de 6.000 km/h. Ils sont capables de manœuvrer en plein vol, ce qui les rend plus difficiles à suivre et intercepter. 

Selon le modèle, ils peuvent porter des ogives conventionnelles ou nucléaires. 

Les missiles recourant à ce type de combustible sont plus maniables et plus sûrs, en comparaison avec ceux à combustible liquide, d’après les experts.

Avec les missiles à combustible solide, il n’est pas nécessaire de faire le plein de combustible avant le lancement, ce qui rend leur déploiement plus rapide, et complexifie par conséquent leur identification et leur destruction par un éventuel adversaire.

Rapprochement avec Moscou

La Russie, qui a récemment renforcé ses liens avec Pyongyang, est généralement considérée comme le leader mondial de cette technologie. Les Etats-Unis et la Chine ont également déjà testé des missiles hypersoniques.

Selon Yang Moo-jin, président de l’université d’études nord-coréennes à Séoul, la Corée du Nord tire parti du rapprochement avec Moscou pour accélérer la réalisation d’objectifs cruciaux en matière de Défense.

“C’est assez préoccupant, car les (missiles hypersoniques à combustible solide) peuvent potentiellement neutraliser le système de défense antimissile de la Corée du Sud et des Etats-Unis”, a relevé M. Yang auprès de l’AFP.

En 2023, la Corée du Nord avait déjà rapporté avoir testé avec succès son premier ICBM à combustible solide – catégorie de missile à la portée la plus importante de l’arsenal nord-coréen -, y voyant une avancée majeure pour les forces de contre-attaque nucléaire du pays.

Mardi, KCNA avait par ailleurs fait part de la supervision, par le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, d’une série d’exercices impliquant de nouveaux lance-roquettes multiples “de très grande taille”.

Des armes qui, selon le numéro un de Pyongyang cité par l’agence, aideront le Nord à “bloquer et supprimer l’éventualité d’une guerre à l’aide d’une préparation parfaite et constante pour faire s’effondrer la capitale de l’ennemi”.

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Photo diffusée le 20 mars 2024 par l’agence nord-coréenne Kcna du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (d) supervisant l’essai d’un moteur à combustible solide pour un “nouveau type de missile hypersonique de portée intermédiaire” sur le site de lancement de Sohae, le 19 mars 2024 dans le nord-ouest du pays
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