La dépouille d’Elizabeth II à Londres pour d’ultimes adieux

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Les Britanniques sont attendus par centaines de milliers à partir de mercredi à Londres, pour saluer une dernière fois Elizabeth II, leur monarque adorée avant ses funérailles lundi prochain.

Le cercueil de la reine, décédée jeudi à 96 ans au château de Balmoral en Ecosse, a retrouvé mardi soir la capitale britannique. Après une dernière nuit au palais de Buckingham, où elle a été accueillie par ses enfants et petits-enfants, le cercueil de chêne va rejoindre mercredi Westminster Hall, la plus vieille chambre du Parlement britannique, au terme d’une procession solennelle dans le centre de Londres.

Pendant près de cinq jours, de mercredi 17H00 (16H00 GMT) jusqu’à lundi 06H30, les Britanniques pourront venir rendre un dernier hommage au plus près à leur souveraine unanimement saluée pour son dévouement total à la Couronne pendant plus de 70 ans de règne.

Des centaines de milliers de personnes sont attendues à Westminster Hall, ouvert pour l’occasion 24 heures sur 24. Mais il faudra s’armer de patience, avec de longues files d’attente qui devraient s’étirer sur des kilomètres.

Mercredi matin peu après 08H00, des centaines de personnes patientaient déjà sur la rive opposée au Parlement, dans une ambiance bon enfant malgré le ciel gris menaçant. Certains ont même passé la nuit sur place.

“La nuit a été fraîche et humide, mais j’ai une petite chaise et un gros parapluie donc je suis resté à peu près au sec”, plaisante à l’avant de la queue Dan Ford, un policier retraité de 52 ans arrivé mardi après-midi.

Le cercueil d’Elizabeth II a déjà été exposé de lundi soir à mardi dans la cathédrale Saint-Gilles d’Edimbourg. Parfois émues aux larmes, quelque 33.000 personnes ont patienté des heures durant, pour aller se recueillir brièvement.

Roc de stabilité dans les crises et les changements, la reine a été une image rassurante pour des millions de Britanniques durant ses décennies sur le trône.

“Welcome Home Ma’am”, (bienvenue chez vous Madame) titre mercredi le tabloïd The Sun alors que tous les journaux britanniques publient en Une la photo du corbillard entrant dans le palais de Buckingham.

Sur sa route pour rejoindre le centre de la capitale mardi soir, le corbillard a été acclamé et applaudi par des milliers de personnes. De très nombreux automobilistes sont sortis de leur voiture, s’immobilisant en haie d’honneur sur son passage.

Le nouveau roi Charles III a accueilli la dépouille à son arrivée au palais de Buckingham, après avoir passé la journée en Irlande du Nord, une étape délicate de son accession au trône.

– Charles convaincant –

“Avec un exemple brillant devant moi, et avec l’aide de Dieu, je prends mes nouvelles fonctions résolu à rechercher le bien-être de tous les habitants d’Irlande du Nord”, a déclaré le monarque au Parlement local, à l’arrêt depuis des mois.

Après Londres, Edimbourg et Belfast, Charles III se rendra vendredi à Cardiff au Pays de Galles, dernière étape de sa tournée dans les quatre nations britanniques.

La cote de popularité du roi a monté de manière fulgurante depuis son accession au trône. D’après un sondage YouGov publié mardi, trois personnes sur cinq pensent qu’il fera un bon roi, contre à peine plus de 30% il y a quelques mois. Mais son agacement a été remarqué au moment de signer des documents officiels à Belfast, le roi s’énervant contre un stylo qui fuyait.

Tensions en Irlande du Nord, velléités indépendantistes en Ecosse, inflation galopante: Charles III, qui à 73 ans est plus âgé que tous les souverains britanniques au moment de leur accession au trône, s’installe dans ses fonctions dans un moment critique.

Alors que le pays est en proie à une grave crise économique et sociale, le quotidien The Guardian révèle que la centaine d’employés de Clarence House, la résidence de Charles quand il était encore prince, pourraient perdre leur emploi. On ne sait pas encore si le monarque compte déménager à Buckingham.

– Défi logistique –

Après des prières au palais en présence du roi, de la reine consort et de la famille royale, le cercueil quittera le palais de Buckingham à 13H22 GMT mercredi pour une procession dans le centre de Londres, posé sur un affût de canon, jusqu’au palais de Westminster.

Le roi et ses deux fils Harry et William ainsi que d’autres membres de la famille royale le suivront à pied. Big Ben sonnera et des coups de canon seront tirés depuis Hyde Park.

Hôtels complets, transports perturbés, pubs bondés… la capitale britannique se prépare dans la fébrilité aux funérailles lundi, en présence de centaines de dirigeants et têts couronnées, un énorme défi sécuritaire.

Pour voir le cercueil, le gouvernement a déjà prévenu de “restrictions draconiennes”, dignes des aéroports.

La presse évoque quelque 750.000 personnes prêtes à braver une attente qui pourrait se compter en dizaines d’heures.

Le trajet précis de la file d’attente, publié mardi soir par le gouvernement, s’étend le long de la rive Sud de la Tamise sur plus de huit kilomètres, jusqu’au parc de Southwark, dans le Sud-Est de le capitale.

En 2002, ils étaient environ 200.000 à s’être recueillis devant le cercueil de la reine-mère Elizabeth, présentée au public pendant trois jours avant ses funérailles.

L’affluence devrait être bien plus grande encore pour les funérailles de la reine Elizabeth II, premières obsèques nationales depuis 1965 –celles de Winston Churchill.

La Russie, le Bélarus, la Birmanie et la Corée du Nord n’y ont pas été invités.