La Russie revendique une nouvelle avancée face à une Ukraine en manque d’armes

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La Russie a revendiqué mardi la prise d’un nouveau village dans l’Est de l’Ukraine, nouvelle avancée face à une armée ukrainienne en manque d’hommes et de munitions du fait de l’essoufflement de l’aide occidentale.

Le président russe Vladimir Poutine, qui fraîchement réélu martèle l’unité des Russes derrière son assaut contre sa voisine, a ordonné à ses services de sécurité de “punir” les combattants anti-Kremlin qui multiplient depuis une semaine les attaques en territoire russe. 

Ces offensives transfrontalières visaient notamment à perturber la présidentielle russe, qui a abouti à la réélection du président russe, alors que l’opposition a été éradiquée par la répression.

En Ukraine, l’armée russe avance lentement dans le Donbass (est). Les forces russes “ont libéré la localité d’Orlivka”, a revendiqué le ministère de la Défense mardi, précisant avoir également “amélioré” ses positions dans la zone.

Celle-ci est située au nord-ouest de la ville d’Avdiïvka, conquise par Moscou en février, une victoire au prix de lourdes destructions mais qui a mis en évidence les difficultés de Kiev.

Fin février, en abandonnant le village voisin de Lastotchkyné, les forces ukrainiennes avaient pourtant indiqué qu’elles allaient se retrancher derrière de nouvelles lignes de défense à Orlivka afin de contenir l’avancée russe. 

“Importance critique”

L’armée de Moscou, malgré des pertes importantes, conquiert peu à peu du territoire, en particulier dans la zone d’Avdiïvka et celle, plus au nord, de Tchassiv Iar, une ville clé où l’armée ukrainienne s’est repliée après la chute en mai 2023 de Bakhmout.

L’Ukraine, dont l’armée est sortie très affaiblie de sa contre-offensive ratée de l’été 2023, répète avoir un besoin urgent d’armes et de munitions face aux multiples assauts russes. Elle assure qu’avec assez d’obus, elle pourrait les contenir. 

Mais la classe politique américaine se déchire depuis des mois quant au soutien à apporter à Kiev, les républicains de Donald Trump bloquant l’aide que le président démocrate Joe Biden cherche à faire approuver depuis de longs mois. De quoi nourrir une certaine exaspération en Ukraine. 

“Ce qui nous choque, c’est que la décision n’a pas encore été adoptée. Nous approchons de la fin de mars et les délibérations se poursuivent” encore, a déclaré mardi le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba.

L’Ukraine n’écarte pas l’idée, proposée par Donald Trump, de fournir cette assistance américaine sous la forme de prêts plutôt que de dons, mais a besoin d’avoir plus de détails, a encore souligné M. Kouleba. 

Lundi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait jugé d'”une importance critique” l’approbation “rapide” de ces 60 milliards de dollars d’aide.

Mardi, il a réclamé de nouveau des moyens de défense antiaérienne pour contrer les centaines de drones, missiles et bombes aériennes que la Russie largue chaque mois sur l’Ukraine.

Les États-Unis ont tenté de rassurer, par la voix de leur secrétaire à la Défense Lloyd Austin, promettant mardi qu’ils “ne laisseront pas l’Ukraine échouer”.

Parallèlement, l’Europe a pris du retard dans ses propres livraisons, ses capacités industrielles restant limitées.

L’Ukraine est aussi confrontée au problème du recrutement de nouveaux soldats dans ce contexte militaire difficile. 

Le Kremlin est, au contraire, passé à une économie de guerre, dédiant une grande part de son budget et de son industrie à la production militaire.

Moscou assure aussi que, tous les mois, des dizaines de milliers d’hommes signent pour rejoindre l’armée, regarnissant ses rangs après ses lourdes pertes.

“Ordures”

Mais la Russie est loin d’une percée et est confrontée à une recrudescence des attaques sur son sol.

Des unités se disant composées de Russes anti-Poutine ont multiplié ces derniers jours les assauts terrestres et aériens, faisant 16 morts et près d’une centaine de blessés en une semaine dans la région de Belgorod, selon les autorités. Celles-ci ont aussi annoncé mardi l’évacuation d'”environ 9.000″ enfants de la zone.

Un représentant de ces combattants, répondant à l’alias Fortouna, a indiqué à la télévision ukrainienne que “l’un de (leurs) objectifs militaires est de forcer le transfert des troupes (russes) du front vers la frontière pour la défendre”. 

Face aux responsables du puissant FSB, les services russes de sécurité qui contrôlent également les frontières du pays, Vladimir Poutine a ordonné de “punir” ces assaillants, les qualifiant d'”ordures” et de “traîtres”.

“Nous les punirons de manière imprescriptible, où qu’ils soient”, a-t-il lâché.

bur/mba

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