L’archéologie de l’esclavage : qu’en est-il ?

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PATRIMOINE

Par Yvor J. LAPINARD
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La connaissance de l’héritage culturel africain passe par l’étude des lieux de vie des Africains réduits en esclavage. • DR

La vie quotidienne des Africains réduits en esclavage dans les plantations est un champ archéologique majeur complètement négligé. Hormis quelques textes issus du pouvoir dominant, on a très peu de documents sur les habitats, les modes alimentaires, la culture matérielle et même les rites funéraires des groupes serviles.

L’archéologie est un terme qui, pour les
Guadeloupéens, est longtemps resté synonyme de
« précolombien ». Les rares recherches effectuées chez
nous au cours des dernières années ont été consacrées à la
préhistoire des groupes amérindiens. Il faut dire qu’en France, il
n’existait pas véritablement de tradition archéologique pour les
périodes modernes et contemporaines. Les recherches proprement
archéologiques traitant des périodes postérieures à la Renaissance
sont l’exception et ne sont apparues que dans quelques grandes
fouilles de sauvetage urbaines récentes.

Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner de
l’absence totale d’une archéologie historique dans de lointains
territoires d’Outre-mer. Il n’était le plus souvent même pas
envisagé que l’archéologie puisse apporter une simple contribution
à la connaissance historique. Ou alors, il s’agissait seulement
d’un rôle patrimonial sans aucun objectif de recherche : on se
contentait de dégager les murs d’un édifice colonial, souvent
prestigieux, à seule fin de le mettre en valeur. Les
méthodes…