Le Konvwa ti mun ouvert « aux enfants d’ascendance africaine », et les autres ?

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Une inscription portée sur les affiches annonçant cette manifestation interpelle. Le public convié y est décrit ainsi : « enfants d’ascendance africaine, à partir de 3 ans, accompagnés des parents”.

Comme chaque année, le Konvwa pou réparasyon, sera introduit par le Konvwa ti mun, réservé aux enfants. Depuis quelques jours, le programme de cette journée qui se déroulera ce dimanche 8 mai au Prêcheur, circule sur les réseaux sociaux. Contes, jeux, bèlè, courses d’orientation, initiation au tambour, sont notamment au programme de cette manifestation visant à sensibiliser les plus jeunes à la question des réparations (concept faisant valoir que des réparations doivent être versées aux descendants d’Africains victimes de la traite et et réduits en esclavage).

Sur les affiches publiées, une information encadrée sur fond coloré attire le regard. Il y est stipulé que la manifestation s’adresse « aux enfants d’ascendance africaine, à partir de 3 ans, accompagnés des parents ». Surprenante formulation, pour ne pas dire choquante. Imaginons, sous d’autres latitudes, une manifestation excluant, les enfants de telle ou telle origine ? Tollé garanti, assignation en justice…

« Il ne s’agit pas d’une question de couleur de peau »

Interrogée sur cette invitation « particulière », Gabrielle Privat, présidente du Comité national pour les réparations confirme que cette manifestation est « principalement dédiée aux enfants d’ascendance africaine » car « la question des réparations concerne les descendants d’esclaves ». Elle précise toutefois « qu’il n’y a pas d’exclusive, que cela ne signifie pas que l’entrée sera interdite aux autres, et qu’il ne sera procédé à aucune vérification concernant l’origine ou l’ascendance des enfants présents ». Ouf… « Il ne s’agit pas d’une question de couleur”, poursuit la présidente. “Ce n’est pas du racisme”, selon elle, mais ” de la culture spécifique dans un cadre bien précis ».  ” Tout ceci n’est pas une question de couleur de peau, conclut Gabrielle Privat. On peut être noir et affirmer que l’on ne se sent pas d’ascendance africaine. A l’inverse, on peut être clair ou blanc de peau et se sentir afro-descendants. Ceux qui viennent à ce type de manifestation, savent pourquoi ils viennent ».