Le poissonnier s’est créé une clientèle en or

The content originally appeared on: Guadeloupe FranceAntilles

Rencontre avec Jimmy Gaddarkhan, poissonnier de son état, à la tête d’une entreprise individuelle : « Speed Fish ». Il exerce à Bas-du-Fort .

À l’entrée de la bretelle qui mène au Palais des sports du Gosier, plus précisément devant la ligue de tennis du Bas-du-Fort, des clients s’agglutinent devant un étalage, pour se procurer du poisson frais en provenance des îles avoisinantes. L’auteur de ce ballet incessant, n’est autre que Jimmy Gaddarkhan, le poissonnier(1) des lieux ou encore, le marchand de poissons comme on a coutume de l’appeler couramment.

Poissonnier par passion

Jimmy Gaddarkhan est un autodidacte, il s’est beaucoup inspiré de son père. Après avoir suivi et accompagné ce dernier dans le monde de l’agriculture et de l’élevage,  il finit par opter pour le métier de poissonnier.

Jimmy Gaddarkhan est heureux d’exercer le métier qu’il a choisi.
• J.C.

 « J’avais 18 ans quand j’ai commencé avec mon père dans la vente du poisson. Après avoir travaillé au Galbas à Sainte-Anne, à Lauricisque et par la suite, au marché à Man Réaux à Pointe-à-Pitre où je suis resté quelques années, j’ai décidé de voler de mes propres ailes et de créer mon entreprise : Speed Fish, avec comme activité principale, la vente du poisson. Après quelques démarches administratives auprès de la mairie du Gosier et des Affaires maritimes, je m’installe à Bas-du-Fort, pas loin d’un centre commercial qui possède déjà un rayon poissonnerie doté de toutes les installations modernes. Conscient des difficultés qui m’attendent, je me devais à tout prix de m’accrocher et de proposer un service de qualité digne de ce nom si je voulais me démarquer et me faire une bonne clientèle. Aujourd’hui, c’est chose faite, je suis bien installé, j’ai une clientèle fidèle et je gagne ma vie même s’il y a des hauts et des bas. »

Un secteur fortement contrôlé

Le poissonnier poursuit.

 « Oui, tout le monde peut vendre du poisson, mais tout le monde n’est pas poissonnier. Il faut répondre à un cahier de charge très exigeant, respecter l’environnement et laisser les lieux propres en partant. Bas-du-Fort est une zone très fréquentée, en bordure de route, la propreté doit être optimale et les conditions d’hygiène aussi (respect de la chaîne du froid, véhicule adapté pour stocker le poisson, etc.). »

Le professionnel est assujetti aux aléas de la mer qui parfois ralentissent l’approvisionnement.

« Il faut savoir aussi que les contrôles sont fréquents et inopinés. Les instances sanitaires, les Affaires maritimes veillent au grain. Ce qui m’oblige à respecter mes engagements et à m’acquitter des taxes, des redevances et autres charges inhérentes à la profession. »

L’homme affirme qu’il est en règle et qu’il est en mesure de présenter à tout moment les attestations de ses différents fournisseurs et de répondre de la qualité et de l’origine du produit qu’il propose à la clientèle. Mais au-delà de ces obligations légales, le plus important pour lui, c’est la qualité des échanges qu’il a avec la clientèle. Cette communication est importante à ses yeux ainsi que cette confiance réciproque. On ne vient pas simplement acheter du poisson, on vient voir son poissonnier pour lui demander un conseil, échanger de temps en temps avec lui sur tout. C’est la raison pour laquelle Jimmy Gaddarkhan exerce ce métier, un métier qu’il a choisi. Il connaît sa clientèle, les goûts et les habitudes de chacun. Pour rien au monde, il ne voudrait changer de métier.