« Le prix de mon indépendance »

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Dieudonné, humoriste

Propos recueillis parRichard GARNIER, [email protected]

Dieudonné en spectacle en Guadeloupe, mercredi 31 janvier 2024. • RICHARD GARNIER

Plusieurs fois condamné pour provocation à la haine raciale en France, et récemment définitivement en Suisse pour discrimination raciale, Dieudonné tombe presque invariablement sous le coup d’interdiction de ses spectacles. Alors, il se rabat sur des lieux improbables. Dans des champs, à la campagne. Et partout, l’humoriste rassemble autour de son humour très sarcastique. Il s’est produit en Guadeloupe mercredi soir, An kann la aux Abymes et sera en Martinique samedi. Entretien.

Dans l’Hexagone, les principales salles vous
sont interdites. Si bien que vous organisez désormais vos
spectacles en extérieur, dans des lieux annoncés au dernier moment.
Comment vivez-vous cette réalité ? 

C’est un peu une première. Je suis désormais un
artiste qui n’a besoin d’absolument personne. Ni des médias, ni des
tourneurs, ni des salles, ni des réseaux, ni des politiques, ni des
subventions. Rien. On ne me voit nulle part. Je ne colle même pas
d’affiche. Et pourtant, mercredi soir en Guadeloupe, nous étions
encore une fois un peu débordés par l’affluence. C’est la force du
bouche-à-oreille. Je crois avoir marqué une partie de l’histoire de
l’humour français. En tout cas, des jeunes humoristes viennent me
le dire et cela a encore été le cas ici. Désormais, je suis un peu
à l’âge de la transmission. C’est formidable. En plus, d’être là
aux Antilles, cela me conforte dans l’idée que l’on est très
proche. Nous avons d’ailleurs toujours été très proches avec les
Guadeloupéens et les Martiniquais. Et les Guyanais également
d’ailleurs. C’est notre africanité qui nous rapproche. Une…