Le syndicalisme en Guadeloupe, toute une histoire

The content originally appeared on: Guadeloupe FranceAntilles

Par Anthony BASSIEN-CAPSA
[email protected]

Ary Broussillon, historien et sociologue. • ANTHONY BASSIEN-CAPSA

Durant le congrès de l’UNSA qui s’est tenu le 26 janvier au pôle d’accueil du Parc Taonaba, aux Abymes, une parenthèse a été faite sur l’histoire du syndicalisme dans notre archipel.

L’historien et sociologue Ary Broussillon est
intervenu durant le congrès de l’UNSA pour relater l’histoire du
syndicalisme chez nous, qui nous a conduit de la période
esclavagiste au temps présent. Faisons un voyage dans le temps.

Les confréries esclavagistes

La première période de l’histoire du syndicalisme
en Guadeloupe se situe durant l’esclavagisme. « Il n’y avait
pas de syndicats, mais des confréries noires. Ce sont des
associations que les esclaves ont créées pour s’entraider, se
soutenir, s’accompagner, mais aussi pour économiser. Ces
organisations étaient très réglementées, puisqu’elles avaient à
leur tête des rois ou des reines. Et elles étaient attaquées par
les maîtres qui les soupçonnaient d’être des repaires de rebelles
montant des complots contre eux », explique Ary
Brousillon.

Apparition des premiers syndicats
locaux

C’est entre la fin du XIXe et le début du XXe
siècle que les premiers syndicats firent leur apparition en
Guadeloupe, comme l’affirme le sociologue et historien :
« C’est là qu’ils ont commencé à s’organiser sous l’impulsion
des socialistes locaux, notamment Hégésippe Légitimus, qui est une
personnalité remarquable, puisqu’on le surnommait le Jaurès
Noir. Il a mobilisé ses camarades pour les pousser à les créer.
On peut donc considérer Hégésippe Légitimus comme le père du
socialisme et du syndicalisme en Guadeloupe. » Mais ce dernier
a néanmoins trahi ses compagnons,…