Législatives: les droites continuent de s’éparpiller, la gauche se lance sous l’œil de Mélenchon

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La campagne du parti au pouvoir en France a été lancée jeudi à 17 jours des législatives, après le séisme provoqué par la dissolution de l’Assemblée, tandis que la gauche a abouti à un “programme de rupture” commun, loin des fractures persistantes à droite.

Le “Nouveau Front Populaire”, alliance de gauche née de la dissolution, a fait fructifier ses négociations: dans la soirée, les dirigeants des différents mouvements se sont satisfaits d’un accord sur un “programme de gouvernement et des candidatures uniques” pour les législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet. 

Le contenu précis de l’accord n’a pas encore été dévoilé, pas plus que l’identité du potentiel Premier ministre qui émanera de cette future coalition en cas de victoire. Une conférence de presse devrait se tenir vendredi pour détailler le programme.

En attendant, le chef du gouvernement, Gabriel Attal, est rentré dans le grand bain dans le nord du pays. Même s’il martèle qu’il est désormais “dans l’action”, le Premier ministre a eu du mal à masquer son malaise au moment d’évoquer la manière dont il a appris la dissolution de dimanche. 

Recomposition politique

Depuis le triomphe électoral du Rassemblement national (RN, extrême droite), la recomposition politique s’accélère dans le pays, virant parfois au chaos.

Et le coup de poker de la dissolution tenté par le président Emmanuel Macron n’a, semble-t-il, pas eu d’effet positif sur sa popularité: seuls 24% des Français disent faire “confiance” au président, au plus bas depuis le début de son second mandat en 2022, selon un sondage réalisé dans les jours qui ont suivi cette décision retentissante.

Depuis ce coup de théâtre, des fractures béantes se sont ouvertes au sein de l’opposition de droite. Désavoué par ses troupes pour avoir proposé une alliance inédite avec le RN, Eric Ciotti a été évincé mercredi de la tête du principal parti conservateur, les Républicains (LR), mais s’accroche à son poste.

Mercredi, il était allé jusqu’à verrouiller les accès du QG de cette formation pour en interdire l’accès à ses opposants. Il s’y est rendu jeudi, refusant de déposer les armes. “Je suis président du parti, je vais à mon bureau, c’est tout”, a-t-il déclaré, qualifiant son exclusion de “coup de force”. Ses opposants entendent, eux, légitimer devant la justice” l’éviction de leur ancien chef.

Le tribunal judiciaire de Paris examinera vendredi son recours contre son exclusion des Républicains, a-t-on appris de source judiciaire. Un nouveau bureau politique, initialement envisagé jeudi, est prévu vendredi entre les ténors de LR.

Eric Ciotti a déjeuné avec Jordan Bardella et Marine Le Pen (RN), martelant son soutien à une “union des droites”.

La crise a également disloqué le petit parti d’extrême droite Reconquête. Sa tête de liste aux européennes, Marion Maréchal, en a été exclue après avoir appelé à voter pour le RN de sa tante Marine Le Pen, qui confirme sa dynamique après avoir réalisé dimanche le meilleur score de son histoire (31,3%). 

En chef de la majorité, M. Attal s’est dit “favorable sur le principe” à l’organisation d’un débat télévisé avec Jordan Bardella (RN) et Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise, LFI, gauche radicale), érigés en principaux rivaux du camp présidentiel.

Mais le leader insoumis n’a pas donné suite: le Front populaire “n’a pas encore désigné son candidat Premier ministre (…) C’est donc aux chefs des grands partis de notre coalition d’aller à ce type de débats”, a-t-il fait valoir.

D’autres noms ont également été évoqués pour Matignon, comme ceux d’un autre Insoumis, François Ruffin. “Si jamais il y a un consensus sur un nom, je suis prêt à prendre la place qu’on voudra pour transformer la vie des gens”, a déclaré ce dernier. 

LFI comme le RN appellent à de profonds changements dans la diplomatie française.

Le parti d’extrême droite, accusé d’être proche de la Russie, renâcle sur l’aide à l’Ukraine. LFI appelle, elle, à quitter le commandement intégré de l’Otan, dénonçant un alignement systématique avec les Etats-Unis.

Malgré ces incertitudes, le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg s’est dit convaincu jeudi que la France resterait un allié “solide et important”, quel que soit son prochain gouvernement. 

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