L’Espagne propose d’accueillir les négociations entre le gouvernement colombien et la guérilla de l’ELN

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Une annonce faite ce mercredi à l’occasion de la visite en Colombie du président du gouvernement espagnol.

Pedro Sánchez est le premier dirigeant européen à venir en Colombie depuis l’investiture le 7 août dernier de Gustavo Petro, premier président de gauche de l’histoire du pays.

Une des priorités de ce dernier est l’établissement d’une « paix totale » après plus de soixante d’un conflit armé multiforme qui a fait plusieurs centaines de milliers de morts et 8 millions de déplacés internes.

Dans sa jeunesse Gustavo Petro fut membre de la guérilla nationaliste et marxiste du M-19, démobilisée en 1990, transformée en parti politique et qui prit part à la rédaction de la Constitution de 1991, toujours en vigueur.

Le nouveau président de la Colombie aujourd’hui de 62 ans veut relancer l’application de l’accord de paix signé en 2016 entre l’Etat colombien et l’ex-guérilla marxiste des FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie).

Gustavo Petro a par ailleurs réactivé le processus de discussions avec l’ELN (Armée de Libération Nationale), une guérilla d’inspiration castro-guévariste née dans elle aussi dans les années 1960 et qui s’est renforcée ces dernières années.

Ce mercredi 24 août Pedro Sánchez a apporté son soutien à cette dynamique en proposant que l’Espagne accueille les « conversations de paix » entre les nouvelles autorités colombiennes et les dirigeants de l’ELN.

Une proposition similaire avait été faite fin juillet par le président chilien Gabriel Boric à l’occasion de la visite dans son pays de Francia Márquez, élue avec Gustavo Petro en juin et désormais vice-présidente de Colombie.

La reprise des discussions entre l’ELN et l’Etat colombien et plus globalement la volonté de ce dernier de pacifier le pays bénéficient donc d’ores et déjà d’un large soutien international, essentiel notamment pour surmonter les réticences internes au processus de paix.

L’offre de médiation faite hier à Bogotá par Pedro Sánchez est d’autant plus importante que l’Espagne assurera la présidence tournante de l’Union européenne au premier semestre 2023.

Le président du gouvernement espagnol de centre-gauche a aussi affirmé son appui à la réforme fiscale dont Gustavo Petro a fait sa priorité, vue comme un outil de transformation et de justice sociale et qui a été présentée devant le Congrès colombien dès le lendemain de son investiture.

Lire cet article du quotidien espagnol El País : Sánchez ofrece España como sede de las conversaciones de paz de Colombia con el ELN