Macron arrive en Nouvelle-Calédonie où il vise le retour à «la paix» et «la sécurité»

The content originally appeared on: Guadeloupe FranceAntilles

Emmanuel Macron a débuté tôt jeudi matin sa visite éclair en Nouvelle-Calédonie en souhaitant un retour “le plus vite possible” à “la paix, au calme, à la sécurité”, après une semaine d’émeutes qui ont laissé l’archipel profondément meurtri.

“Je voulais simplement vous dire (…) ma volonté ici, avec les ministres et l’ensemble du gouvernement, d’être aux côtés de la population et pour que le plus vite possible, ce soit le retour à la paix, au calme, à la sécurité. C’est la priorité des priorités”, a déclaré le chef de l’Etat dès sa descente de l’avion à l’aéroport de Nouméa.

Depuis le début des émeutes sur l’archipel français du Pacifique, six personnes ont été tuées, dont deux gendarmes mobiles.

Arrivé autour de 8H20 locales jeudi (23H20 mercredi en métropole) aux côtés des ministres Gérald Darmanin (Intérieur), Sébastien Lecornu (Armées) et Marie Guévenoux (Outre-mers), Emmanuel Macron a assuré n’avoir “pas de limite” de temps sur place. Et a promis qu'”à l’issue de cette journée, des décisions seront prises et des annonces seront faites”.

Le président a observé que “beaucoup de populations souffrent aujourd’hui d’une situation de grande crise”, évoquant les difficultés d’accès aux soins, mais aussi “l’approvisionnement”, dix jours après une éruption de violences inédites sur l’archipel depuis près de 40 ans, qui laissent encore des quartiers entiers difficilement accessibles.

Au cours de cette visite qui devrait donc se concentrer sur la journée du jeudi, M. Macron doit notamment rencontrer autour de 10H00 locales les forces politiques et économiques du Caillou, pour aborder “les questions de reconstruction économique, de soutien, de réponse rapide et puis les questions politiques les plus délicates pour parler de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie”.

 

 Mission de dialogue  

M. Macron doit aussi installer une mission composée de trois haut-fonctionnaires, qui “aura pour objectif de faire émerger un dialogue politique local dans le but de parvenir à un accord politique global”, a précisé mercredi le Premier ministre Gabriel Attal.

Il s’agit notamment de déminer ce qui fut le détonateur des émeutes, à savoir le vote à l’Assemblée du dégel du corps électoral de l’archipel. Une réforme constitutionnelle décriée par les indépendantistes et qui doit encore être votée par les députés et sénateurs réunis en Congrès avant la fin juin, sauf si un accord sur un texte global entre indépendantistes et loyalistes intervient d’ici là.

Une gageure alors que le dialogue entre les parties prenantes est au point mort, incitant une grande partie de la classe politique, jusqu’au sein de la majorité macroniste, à appeler à un report de la convocation du Congrès.

Dans cette perspective, M. Macron, qui tente avec ce déplacement improvisé un vrai coup de poker, a dit venir avec “détermination”, mais avec “aussi beaucoup de respect, d’humilité”. Car le risque est grand que des indépendantistes kanak boycottent la visite, comme ils l’avaient fait lors du dernier déplacement présidentiel en juillet 2023.

Sur le terrain, où l’état d’urgence prévaut toujours (couvre-feu nocturne, interdiction des rassemblements, du transport d’armes, de la vente d’alcool et de l’application TikTok), “la nuit a été calme”, a indiqué jeudi matin le Haut-commissaire Louis Le Franc à l’AFP.

 

Pas de “dégâts supplémentaires” 

“Les réactions de la classe politique” à la venue du président “sont plutôt positives dans les deux camps. Il n’y a pas eu de dégâts supplémentaires mais il y a tellement de choses qui sont détruites”, a-t-il encore fait valoir.

Depuis que les violences ont éclaté lundi dernier, quelque 86 policiers et gendarmes ont été blessés, selon la ministre des Collectivités territoriales Dominique Faure qui a évoqué mercredi devant les députés le nombre de “320 interpellations” depuis le début de la crise. “Plusieurs dizaines de leaders violents ont été maîtrisés grâce aux assignations à résidence”, a-t-elle précisé.

Sur ces interpellations, 269 ont mené à des gardes à vue, 35 à des déferrements et 17 à des mandats de dépôt, a également détaillé mercredi le procureur de Nouméa, Yves Dupas.

Signe de la difficulté à reprendre en main la situation sécuritaire, l’aéroport international de l’archipel restera fermé aux vols commerciaux jusqu’à samedi matin.

De même, les sites miniers exploités par Eramet, l’un des trois grands opérateurs du nickel dans l’archipel, sont à l’arrêt.

Et pour ajouter à l’instabilité, l’archipel a aussi été visé par une cyberattaque “d’une force inédite” visant à “saturer le réseau calédonien”, a annoncé Christopher Gygès, membre du gouvernement collégial calédonien. L’attaque, consistant en l’envoi simultané de “millions d’emails”, a été stoppée “avant qu’il y ait des dégâts importants”, a-t-il assuré.

Le territoire du Pacifique Sud est stratégique pour la France qui veut renforcer son influence en Asie-Pacifique et de par ses riches ressources en nickel, minerai indispensable à la fabrication des véhicules électriques notamment.