Non, ces signes ne permettent pas forcément de détecter le GHB dans un verre

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Le professeur Dabor Résière.

– Photo Melinda Boulai

C’est quoi le GHB ?

Le gamma-hydroxybutyrate (GHB), communément appelé Gamma OH est un produit anesthésique mis au point dans les années 1960. Il est également utilisé dans le traitement de la narcolepsie.  Depuis plusieurs années, le GHB est utilisé dans le milieu festif pour ses propriétés euphorisante, désinhibitrice et de relaxation. Il est consommé dans certains clubs pour l’ivresse qu’il procure, mais surtout en privé, pour modifier les sensations lors des relations sexuelles. Il se présente sous forme de poudre soluble de couleur blanche ou de liquide incolore et inodore et se consomme surtout par voie orale. Utilisé pour la soumission chimique, il peut être additionné dans les boissons, dont le café ou les sodas. La forme sirop est favorable à une introduction discrète dans les boissons.  Son utilisation comme drogue festive représente désormais un vrai problème sociétal. Aux Antilles, la consommation de GHB est en augmentation constante. Il existe peu de données épidémiologiques aux Antilles faute de registre national et régional.

Comment agit-il ? Quels sont ses mécanismes d’action ?    

Le GHB se comporte comme un neuromédiateur permettant la transmission des données au niveau du cerveau.  C’est un véritable dépresseur du système nerveux central. Il entraine ainsi des effets anxiolytiques avec une sensation d’euphorie, de bien-être et d’apaisement ainsi qu’une désinhibition entraînant des pertes de contrôle de soi avec des comportements de violence ou de passage à l’acte.  Les effets du GHB peuvent se manifester rapidement, en 10 à 15 minutes et durent entre 1 h 30 et 2 h, jusqu’à 12 heures au maximum. En cas de surdosage, ils peuvent induire des vertiges, des nausées, des contractions musculaires ou des hallucinations. L’usager présente alors une confusion, des étourdissements et de la somnolence. Des clonies musculaires ont été rapportées par des anesthésistes lors de l’administration de GHB.

Comment se fait le diagnostic ?

Le GHB n’est pas détectable lors des examens toxicologiques de routine. Par conséquent, le diagnostic est basé sur l’interrogatoire et la présentation clinique. La prise en charge de l’intoxication au GHB est symptomatique. Les objectifs principaux sont la protection des voies respiratoires, le contrôle de l’agitation avec des médicaments sédatifs et le traitement des complications éventuelles.  Une surveillance étroite des signes vitaux et de l’état respiratoire est essentielle dans tous les cas. Les patients dépendants du GHB peuvent présenter un sevrage, suite à un surdosage. Les symptômes de sevrage commencent dans un délai d’une à six heures après l’arrêt de la consommation.

Que faire si l’on est drogué au GHB ?

Les mesures préventives sont essentielles pour enrayer ce phénomène en commençant par des campagnes d’information pour la réduction des risques liés à la consommation du GHB. Ces campagnes doivent viser le grand public surtout dans cette période de vacances. En soirée, il est nécessaire de s’entourer de personnes de confiance pour consommer et de garder à l’œil son verre pour éviter qu’une personne vous ajoute du GHB dans votre boisson. Pour toute suspicion d’une intoxication par GHB, il faut appeler le 15 ou prévenir les secours et ne pas laisser seule la victime. Il faut rassurer la victime et protéger ses voies aériennes. Il faut se rapprocher ultérieurement vers les services de psychiatrie, d’addiction et l’unité de toxicologie Clinique du CHU de Martinique pour une prise en charge spécialisée. À l’issue, le médecin pourra rédiger un certificat médical descriptif rapportant les éléments cliniques et les résultats toxicologiques, qu’il remettra à la victime pour dépôt de plainte ultérieur.