Procès Trump: «nerveuse», l’ex-directrice de la communication de la Maison Blanche témoigne

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L’ancienne conseillère de Donald Trump, Hope Hicks, a été la première membre de la garde rapprochée de l’ex-président américain à témoigner vendredi à son procès pénal, dans l’affaire de paiements dissimulés à une ancienne star du X en 2016.

“Je suis très nerveuse”, lance —  à peine après avoir prêté serment la main levée– l’ancienne conseillère en communication de Donald Trump, qui faisait partie de son premier cercle lors de la campagne présidentielle victorieuse de 2016.

Dans ce procès aux enjeux politiques énormes, Donald Trump est poursuivi pour 34 falsifications de documents comptables liées aux 130.000 dollars versés juste avant le scrutin présidentiel à Stormy Daniels, ancienne star de films pornographiques.

Cette somme avait servi à acheter son silence sur une fugace relation sexuelle qu’elle affirmait avoir eue avec la magnat de l’immobilier en 2006, alors qu’il était déjà marié avec son actuelle épouse, Melania. Une relation que le candidat des républicains à la présidentielle de 2024 dément.

Hope Hicks faisait partie du premier cercle autour de Donald Trump durant la campagne, lui parlant “tous les jours”. Pendant qu’elle raconte comment elle a gravi les échelons, d’abord au sein de la holding Trump Organization, puis au sein de l’équipe politique du candidat, Donald Trump l’écoute très attentivement. 

Elle évite le plus possible de croiser son regard. Ils n’ont plus eu de contacts depuis “l’été-automne 2022”, précise-t-elle.

“Crise”

Pour l’instant, le procureur Matthew Colangelo, l’interroge surtout sur un épisode, qui, pour l’accusation, va être le prélude au paiement à Stormy Daniels. A un mois du scrutin, le Washington Post diffuse des extraits vidéos devenus célèbres, où l’on entend Donald Trump se vanter dans des termes crus d’avoir un comportement offensif avec les femmes, comme de “les attraper par la chatte”.

“J’étais inquiète, très inquiète”, se souvient-elle, lorsque l’accusation produit le courriel que lui envoie, le 7 octobre 2016, le journaliste du Washington Post. Et quand elle entend pour la première fois les extraits, “j’étais un peu abasourdie (…) il y avait un consensus sur le fait que ça allait faire mal et qu’on était face à une crise”, ajoute-t-elle.

Pour l’accusation, cet épisode a encouragé Donald Trump à tout faire pour éviter un scandale successif avant le scrutin de novembre 2016, quitte à acheter le silence de Stormy Daniels quand son cas s’est présenté.

Hope Hicks, dont le témoignage doit se poursuivre vendredi, a aussi été claire sur le fait qu’au sein de la Trump Organization, “tout le monde (…) rendait compte à M. Trump”. 

En arrivant au tribunal de Manhattan, Donald Trump a encore déploré que ce procès l’éloigne de la campagne. Il a reproché au juge Juan Merchan, dont il conteste systématiquement l’impartialité, de “chercher à présenter l’affaire comme la plus salace possible en autorisant des témoignages qui n’ont rien à voir”.

Société-écran

Le 28 octobre 2016, à quelques jours du vote, un contrat de confidentialité avait été signé avec Stormy Daniels.

Les 130.000 dollars avaient été versés par l’avocat personnel de Donald Trump à l’époque, Michael Cohen, via une société-écran. 

Il avait été remboursé en 2017 par la holding du milliardaire, la Trump Organization, des dépenses maquillées en “frais juridiques”, d’où les poursuites pour falsifications de documents comptables.

Michael Cohen, qui dit avoir agi à la demande du candidat et s’est retourné contre son ancien patron, n’a pas encore témoigné.

Tout l’enjeu de l’affaire sera de déterminer ce que Donald Trump savait de ces tractations en coulisses.

Trois ans après avoir quitté la Maison Blanche dans le chaos, Donald Trump aborde la campagne en étant inculpé dans quatre affaires, dont celle devant la justice fédérale à Washington pour des accusations de tentatives illégales d’inverser les résultats de la présidentielle remportée par Joe Biden en 2020.

Mais à force de recours et de questions procédurales, le procès à New York, d’une ampleur moindre, pourrait être le seul jugé avant l’élection du 5 novembre.

S’il était de nouveau élu, Donald Trump pourrait, une fois investi en janvier 2025, ordonner l’abandon des deux procédures fédérales à son encontre, à Washington mais aussi en Floride (sud-est), où il est poursuivi pour gestion supposément désinvolte de documents classifiés après son départ de la Maison Blanche.

arb/nr

L’ancien président américain Donald Trump, s’adresse à la presse alors qu’il arrive à son procès au tribunal pénal de Manhattan, le 3 mai 2024 à New York
• Mark Peterson

L’ancien président américain Donald Trump (c) assiste à son procès au tribunal pénal de Manhattan, le 3 mai 2024 à New York
• Mark Peterson