Russie: une dizaine de morts dans des attaques contre des églises orthodoxes et au moins une synagogue

The content originally appeared on: Guadeloupe FranceAntilles

La Russie a annoncé lundi la fin des opérations antiterroristes au Daguestan, dans le Caucase, où des attaques commises la veille par des assaillants contre des églises orthodoxes et au moins une synagogue ont fait au moins 16 morts, dont 15 policiers.

Cette série d’attaques qualifiées de “terroristes” par les autorités russes intervient trois mois après l’attentat revendiqué par l’organisation jihadiste Etat islamique (EI) du Crocus City Hall, une salle de concert de la banlieue de Moscou, qui avait fait plus de 140 morts et ravivé la menace du terrorisme islamiste dans le pays.

Ces dernières attaques ont eu lieu à Makhatchkala, la capitale du Daguestan, et la ville côtière de Derbent.

Région russe à majorité musulmane voisine de la Tchétchénie, le Daguestan est également proche de la Géorgie et de l’Azerbaïdjan. Des opérations antiterroristes y sont régulièrement annoncées par les autorités russes.

Les attaques de dimanche ont visé “deux églises orthodoxes, une synagogue et un check-point de la police”, d’après le Comité d’enquête russe, qui a ouvert une enquête pour “actes terroristes”.

L’opération antiterroriste lancée dans la région dans la foulée s’est terminée lundi matin, “en raison de la neutralisation de menaces à la vie et la santé des citoyens”, selon le Comité antiterroriste russe.

Le dirigeant du Daguestan, Sergueï Melikov,a lui fait état de “six bandits liquidés” dans le cadre de cette opération, assurant que les attaques ont notamment été préparées “depuis l’étranger”.

Il n’était pas clair dans l’immédiat si l’ensemble des attaquants avaient été tué dans cette opération ou bien si certains avaient pu s’échapper.

Aucun élément sur leurs motivations ou leur identité n’a filtré pour l’heure.

Des représentants juifs, dont le Congrès juif russe, ont affirmé qu’une deuxième synagogue avait aussi été incendiée lors des attaques.

“La guerre arrive”

Dimanche soir, M. Melikov avait dit que “des inconnus avaient essayé de déstabiliser la société”.

“Nous savons qui est derrière ces attaques terroristes et quel objectif ils poursuivent”, a-t-il assuré par la suite, dans une vidéo sur Telegram, sans préciser qui était dans le viseur mais en faisant allusion au conflit en Ukraine.

“Nous devons comprendre que la guerre arrive dans nos maisons aussi. Nous le sentions, mais aujourd’hui nous l’affrontons”, a-t-il dit.

Selon M. Melikov, “plus de 15 policiers ont été victimes de l’acte terroriste” au Daguestan, en protégeant les habitants civils “au prix de leur vie”.

“Plusieurs civils ont également été tués”, a-t-il ajouté.

Un prêtre de l’Église orthodoxe russe à Derbent, âgé de 66 ans, figure notamment parmi les morts, d’après les autorités.

Des individus armés ont également ouvert le feu contre un véhicule transportant des policiers, blessant l’un d’eux, à Sergokala, village situé entre Makhatchkala et Derbent, selon le ministère de l’Intérieur local.

Les autorités n’ont pas précisé si ces individus étaient les mêmes que ceux qui ont mené des attaques à Makhatchkala ou non.

Trois jours de deuil

Trois jours de deuil ont été décrétés au Daguestan, de lundi à mercredi, a indiqué l’administration locale.

En octobre, des émeutes hostiles à Israël avaient éclaté dans l’aéroport de Makhatchkala.

Une foule d’hommes avait envahi son tarmac, en pleines tensions à travers le monde liées au conflit entre Israël et le groupe islamiste palestinien Hamas, au moment de l’atterrissage d’un avion en provenance d’Israël.

La Russie a été visée à de multiples reprises par des attentats et attaques revendiquées par l’Etat islamique, même si son influence reste limitée dans le pays.

En mars, un attentat revendiqué par l’EI au Crocus City Hall, près de Moscou, a tué plus de 140 personnes.

Le week-end dernier, plusieurs membres de l’EI ont été tués après avoir pris en otage deux agents pénitentiaires dans une prison du sud de la Russie, selon les autorités.

La Russie a été confrontée à une rébellion islamiste au début des années 2000 dans le Caucase, un mouvement né du premier conflit contre la Tchétchénie séparatiste en 1994-1996. Elle avait été défaite par les forces fédérales russes et ces dernières années, les incidents armés s’y sont fait rares.

Près de 4.500 Russes, notamment originaires du Caucase, ont combattu aux côtés de l’EI en Irak et en Syrie, selon des chiffres officiels.

bur/cm