Trafic de cocaïne en Guyane : les aveux d’un ancien élu à la jeunesse

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Interpellé en mars dernier, Ferdinand Boisrond, ancien adjoint à la jeunesse de Saint-Laurent-du-Maroni est suspecté d’être impliqué dans un clan familial de trafic de cocaïne entre la Guyane et l’hexagone. Lors de sa demande de remise en liberté (rejetée), il a avoué avoir transporté in corpore, à plusieurs reprises, la substance illicite. Mais son implication pourrait être plus importante encore… 

 Ferdinand Boisrond, ex-adjoint à la jeunesse de Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane, reconnait avoir transporté de la cocaïne in corpore, et ce, à plusieurs reprises.

Lors de son audience à la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Angers ce 12 octobre, l’ancien élu demandait pourtant à être remis en liberté. Cette demande a été rejetée, informe Ouest-France, il sera bien maintenu en détention.

Pour rappel, le 18 mars dernier, lors d’un vaste coup filet au Mans, dans la Sarthe, Ferdinand Boisrond est interpellé aux côtés de 10 autres personnes. Il est placé en détention provisoire pour son implication présumée dans un trafic de cocaïne. Le parquet du Mans avait considéré qu’il s’agit d’un « clan familial. »

Et depuis l’enquête avance. Des vagues d’interpellations en mars, mai, juillet et aout ont permis la mise en examen de 19 autres personnes dans cette affaire d’une ampleur impressionnante. 17 d’entre eux sont placés en détention provisoire. À noter, certaines de ces personnes sont « déjà connus de la Justice pour avoir été impliqués dans des procédures pénales, notamment pour infractions à la législation sur les stupéfiants », indique le parquet du Mans. 

« Un rôle majeur », pour le parquet

Devant la cour, l’ancien élu saint-laurentais reconnait avoir transporté de la cocaïne à plusieurs reprises et ainsi avoir cédé à la tentative de l’argent facile. Sa justification : « Mon but, c’était de le faire une ou deux fois pour acheter un camion. Pour pouvoir bénéficier des aides. » L’entreprise de transport de cet adjoint apprécié venait, en effet, d’être liquidée.

Le président de la chambre de l’instruction a indiqué à son sujet : « Nous avons des éléments sur le trajet entre la Guyane et l’hexagone, certains en tant qu’élu, d’autres pour le transport de 300 à 400g à chaque fois, rémunéré 8000 € » (Eléménts supplémentaires fournis par le journaliste sur place de Ouest-France ndlr).

Mais l’implication de Ferdinand Boisrond pourrait être plus large encore. Selon l’avocat général : « Il est certain qu’il tient un rôle majeur dans ce trafic. Son implication exacte reste à déterminer et son maintien en détention est important pour comprendre le rôle de chacun des membres de sa famille. » 

« J’ai eu le temps de réfléchir »

L’ancien élu a rétorqué : « Ça fait sept mois que je suis en détention. J’ai eu un choc. J’ai eu le temps de réfléchir aux conneries pour ne pas les reproduire. Je ne sais même pas comment je suis tombé là-dedans. Je n’ai pas d’antécédents en matière de stupéfiants. Je n’ai pas d’intérêt de recommencer. J’ai l’impression que l’on m’a oublié en prison. J’assure du bénévolat associatif, j’ai deux ans d’engagement politique. »

Le président de la chambre de l’instruction a rejeté la demande de remise en liberté en raison du « risque de concertation. » Ce dernier a ajouté : « Quand on reprend les écoutes téléphoniques, on entend votre inquiétude de savoir si une personne va réussir à passer, malgré le risque sanitaire. Vous vous situez au-delà du rôle de mule, dans l’organisation. »

L’instruction est encore en cours, et Ferdinand Boisrond est toujours mis en examen pour trafic de stupéfiants et non justification de ressources.