Ukraine: le Premier ministre polonais Tusk à Kiev, soutien politique et question des routiers

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Le Premier ministre polonais Donald Tusk est arrivé lundi matin à Kiev pour y marteler le soutien de son pays à l’Ukraine face à l’invasion russe et discuter du problème concurrentiel entre routiers polonais et ukrainiens.

L’annonce de cette visite a été faite alors que le Kremlin a accusé l’Ukraine d’avoir attaqué un terminal gazier de la Baltique au cours du week-end, la dernière d’une série d’attaques aériennes ukrainiennes apparentes contre les infrastructures énergétiques russes.

“Le chef du gouvernement polonais rencontrera le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le Premier ministre Denys Chmygal”, a annoncé un communiqué du service de presse du dirigeant polonais.

L’ancien président du Conseil européen, qui a pris, le 13 décembre, les fonctions du chef d’un gouvernement de coalition pro-européenne, a déclaré aux journalistes sur place qu'”il n’est pas de chose plus importante que le soutien à l’Ukraine dans son effort contre l’agression russe”.

“Il s’agit de bâtir le sentiment que la Pologne est l’allié le plus crédible et le plus fidèle dans cette confrontation mortelle avec le mal”, a indiqué M. Tusk. “Ceci n’est pas l’affaire exclusive de l’Ukraine mais de l’ensemble du monde libre”.

Le Premier ministre polonais a assuré qu’il allait discuter avec ses interlocuteur ukrainiens des possibilités de “mobiliser l’Occident pour des actions plus énergiques” en faveur de Kiev.

“C’est l’un des principaux objectifs de ma visite”, a-t-il indiqué.

Routiers polonais mécontents

Parmi les autres questions qui doivent être abordées avec Kiev, il y a notamment celle des intérêts des transporteurs polonais, avait annoncé M. Tusk la semaine dernière.

Les routiers, qui ont bloqué depuis novembre la frontière avec l’Ukraine pour dénoncer une concurrence déloyale de la part de Kiev, ont suspendu leur mouvement la semaine dernière, dans l’attente des résultats d’entretiens du nouveau gouvernement à Kiev et à Bruxelles et des démarches attendues de la part de la nouvelle coalition au pouvoir.

M. Chmygal a accueilli M. Tusk à Kiev et ils se sont rendus ensemble devant un mémorial aux soldats tués pendant le conflit. 

“Nous sommes reconnaissants du soutien de nos partenaires qui restent aux côtés du peuple ukrainien dans cette guerre”, a déclaré M. Chmygal sur les réseaux sociaux. 

Attaque de drones

Quelques heures avant l’annonce de cette visite, Kiev a indiqué que les forces russes avaient attaqué l’Ukraine avec huit drones de conception iranienne, mais que ses systèmes de défense aérienne les avaient abattus. 

Pour Kiev, le contrôle de l’espace aérien du pays est une priorité pour cette année. Les autorités ont exhorté l’Occident à fournir davantage de systèmes adéquats.

Selon l’armée de l’air ukrainienne, les drones ont été lancés depuis la région méridionale de Primorsko-Akhtarsk, puis abattus dans les régions du sud et du centre de l’Ukraine. 

Aucun dommage n’a été signalé dans l’immédiat. 

Cette attaque fait suite à des opérations ukrainiennes dirigées contre des régions frontalières de la Russie, visant des installations de stockage de pétrole. 

Des sources du secteur de la sécurité ukrainien ont revendiqué, auprès de l’AFP, certaines de ces attaques, mais Kiev et l’armée ukrainienne restent très discrets sur les opérations menées à l’intérieur de la Russie. 

Lundi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a toutefois attribué à Kiev la responsabilité d’un incendie survenu le week-end dernier dans le port d’Ust-Luga, près de Saint-Pétersbourg.

“Le régime de Kiev continue de montrer son visage bestial. Il frappe les infrastructures civiles, les gens”, a déclaré lundi M. Peskov, interrogé sur l’incendie du terminal de gaz naturel. 

L’opérateur Novatek a indiqué que l’incendie avait été causé par un “facteur externe”, sans donner plus de détails. 

Bien que la ligne de front tentaculaire qui traverse l’est et le sud de l’Ukraine n’ait pratiquement pas bougé depuis un an, les forces russes continuent à pilonner les villes et les villages situés à proximité des combats.

Frappe sur Kramatorsk

Au moins une personne a été tuée lors d’une frappe lundi matin à Kramatorsk, dans l’est du pays, vers 07H30 GMT.

La frappe a eu lieu dans un quartier en périphérie est de la ville, dans une zone industrielle.

En face d’un bâtiment administratif, au toit détruit et aux vitres soufflées, la rue et les trottoirs étaient constellés de petits impacts d’éclats d’une roquette ou d’un missile, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Dans une autre rue longeant un côté du bâtiment, le corps d’un homme mort gisait au volant de sa voiture, dont la portière avant gauche était ouverte.

La police en a évacué les passants, mettant en garde contre un éventuel nouvel attentat. 

Le gouverneur régional a indiqué que la victime était un homme de 49 ans et que sa fille de 31 ans avait également été blessée dans l’attaque.

sw-bur/ybl

Le Premier ministre ukrainien, Denys Chmygal (g) et son homologue polonais Donald Tusk (d), le 22 janvier 2022 à Kiev
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Le corps d’un homme tué, dans une voiture, après un bombardement à Kramatorsk, le 22 janvier 2024 en Ukraine
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