1er janvier dans la Caraïbe : de 1804 à 1959, le double anniversaire des nations rebelles
Alors qu'aujourd'hui 1er janvier marque les 222 ans de rupture d'Haïti avec l'ordre colonial français et que Cuba entame à la me date sa 67ème année de régime socialiste, cette date reste le pivot symbolique d'une région qui défie les métropoles.
C'est une coïncidence du calendrier qui ressemble à un manifeste politique. Chaque 1er janvier, l'arc antillais suspend son souffle pour célébrer deux des ruptures les plus radicales de l'histoire moderne. En 2026, la simultanéité de ces commémorations l'indépendance haïtienne (1804) et la révolution cubaine (1959) offre un miroir saisissant sur les fragilités et les aspirations de la zone Caraïbe.
Mexico-La Havane : l'axe de la permanence
À Cuba, le 67ème anniversaire du " triomphe de la Révolution " ne se joue pas seulement sur la place de la Révolution, mais sur le terrain diplomatique. Dans un contexte de tensions régionales persistantes, le Mexique a réitéré, dès les premières heures de la journée, son soutien indéfectible à l'île. Le message de félicitations de Mexico n'est pas une simple courtoisie : il scelle une alliance stratégique entre la deuxième puissance économique latine et La Havane. Pour le gouvernement de Miguel Díaz-Canel, ce soutien mexicain est une bouffée d'oxygène. Il rappelle que, malgré l'essoufflement du modèle économique et les pressions de Washington, Cuba conserve une force d'attraction idéologique auprès de ses voisins. Ce 1er janvier 2026 marque également l'entrée dans l'année du centenaire de la naissance de Fidel Castro, une échéance que le régime compte bien utiliser pour galvaniser une base sociale éprouvée par les pénuries.
Haïti : La souveraineté à l'épreuve du chaos
À Port-au-Prince, la tonalité est plus grave. Le 222ème anniversaire de l'indépendance, “ la première République noire de l'histoire “ se célèbre dans une capitale où la liberté de circuler est encore un luxe. Les messages officiels venus de l'étranger et de la présidence de transition ont tenté de ranimer la flamme de 1804. Mais le cœur n'y est pas totalement. Si le 1er janvier reste le jour de la “ soupe au giraumon “, symbole de la liberté retrouvée par les anciens esclaves, la réalité du terrain est celle d'une souveraineté entravée. L'enjeu pour Haïti en 2026 reste le même : transformer l'héroïsme historique des pères de la nation en une stabilité institutionnelle capable de protéger une population exsangue.
Le “ 1er janvier caribéen “, un défi au monde
Entre la Cuba socialiste et l'Haïti meurtrie, le contraste est saisissant, mais le socle commun demeure : celui de la “ première fois “. Haïti fut la première à briser les chaînes de l'esclavage ; Cuba fut la première à instaurer un régime marxiste-léniniste dans l'arrière-cour de l'Amérique. Cette année encore, les deux îles envoient un message au reste du monde : la Caraïbe n'est pas qu'une destination de carte postale, c'est un laboratoire politique où l'on refuse d'oublier que l'indépendance est un processus continu. Tandis que Mexico salue La Havane et que Port-au-Prince invoque l'ombre de Dessalines, le 1er janvier 2026 rappelle que dans cette mer des Antilles, l'histoire ne s'écrit jamais de manière linéaire, mais toujours sous le signe de la résistance.
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