5ème nuit consécutive de colère contre le noir : le bruit des casseroles ne s’arrête plus à La Havane
L'obscurité est devenue le moteur d'une fronde qui ne faiblit plus. Pour la cinquième nuit d'affilée, le silence imposé par les pannes de courant a été brisé par le tintamarre des " cacerolazos [concert de casseroles]". De Cerro à Vedado, la capitale cubaine vit au rythme d'une contestation qui met à rude épreuve les nerfs des autorités.
Ce n'est plus un incident isolé, c'est un mouvement qui s'installe. Mardi soir, alors que le réseau électrique sombrait une nouvelle fois, plusieurs quartiers de La Havane ont résonné du bruit métallique des casseroles. Ce cri de colère, filmé et diffusé par des médias indépendants et des citoyens sur les réseaux sociaux, témoigne d'un point de rupture atteint par la population.
Le mouvement ne se limite plus aux quartiers périphériques. La contestation a été signalée dans un périmètre impressionnant :
- Le cœur historique et politique : Des manifestations ont éclaté dans la Vieille Havane ainsi qu'à Plaza de la Revolución ;
- Les quartiers résidentiels et populaires : Le bruit des casseroles a été particulièrement intense à Cerro (quartier Palatino), Vedado, Lawton et Marianao ;
- Signes d'escalade : À Lawton, des feux de joie ont été allumés en pleine rue, tandis qu'à Marianao, des rapports font état de citoyens descendant physiquement sur la chaussée pour défier l'obscurité et la police.
Pourquoi La Havane craque maintenant ?
Si Cuba est habituée aux restrictions, le seuil de tolérance a été franchi en raison de la durée et de la fréquence des coupures :
- Le seuil des 12 heures : Dans la capitale, le courant est désormais coupé plus de 12 heures par jour. En province, la situation est pire, avec des pannes qui frôlent parfois les 20 heures consécutives ;
- L'effet domino : Sans électricité, c'est toute la chaîne de survie qui s'arrête : l'eau ne monte plus dans les réservoirs, les rares aliments frais pourrissent et la chaleur devient insupportable ;
- L'épuisement psychologique : Après cinq nuits sans sommeil et sans lumière, la peur des autorités semble s'effacer derrière l'exaspération.
Une surveillance policière sous haute tension
À chaque rassemblement, les forces de l'ordre sont présentes. À Lawton (quartier populaire situé dans la municipalité de Diez de Octubre, à La Havane), des patrouilles ont été filmées observant les manifestants sans intervenir immédiatement, une posture qui illustre la prudence du pouvoir face à une situation sociale explosive. Le gouvernement, qui tente de stabiliser un réseau électrique vétuste et privé de carburant, se retrouve face à un défi de taille : comment éteindre la contestation quand on ne peut pas rallumer la lumière ?
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