81 tonnes de cocaïne saisies en France dont plus de la moitié interceptée dans l’arc antillais
En 2025, les interceptions de cocaïne en France ont atteint un niveau inédit à 81 tonnes, avec plus de la moitié des saisies réalisées dans l'arc antillais, ce qui illustre un signe fort de l'ampleur grandissante du trafic dans cette zone.
Le procureur de la République de Fort-de-France, Yann Le Bris, dont dépend la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) pour la Guadeloupe et la Martinique, souligne l'ampleur de cette évolution.
La prépondérance des saisies dans les Antilles illustre à la fois la position stratégique de l'archipel dans les filières transatlantiques et l'efficacité de la coopération policière. Sur les 42 tonnes interceptées dans la région, les opérations ont impliqué une étroite coordination entre services nationaux et locaux. Pour les autorités judiciaires et policières, l'antériorité des trafics dans cette zone, combinée à son rôle de plaque tournante vers le marché métropolitain, explique en partie cette forte concentration.
Retrouvez notre supplément consacré au trafic de cocaïne
Prix et profils de consommateurs en transformation
Cette montée spectaculaire des saisies s'inscrit dans un contexte de consommation de cocaïne soutenue en France. Selon l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives, 1,1 million de personnes en ont consommé au moins une fois en 2023, un niveau sans précédent. Dans une note de l'Office antistupéfiants (Ofast), franceinfo note que l'offre s'est étendue à l'ensemble du territoire, sans " zones blanches ", et que le marché se structure désormais comme un " tsunami blanc ".
Le prix au gramme a diminué, tombant à 58 € en 2024 contre 66 € en 2023, ce qui accroît la concurrence entre bandes criminelles. La production mondiale de cocaïne est estimée à environ 4 000 tonnes par an, un volume qui alimente durablement le trafic vers l'Europe.
Selon des spécialistes, le profil des consommateurs a profondément évolué ces dernières années. Christian Ben Lakhdar, co-auteur d'une étude sur les usages, et le Dr Nicolas Prisse, président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, indiquent que la cocaïne n'est plus l'apanage d'un public urbain ou élitiste : l'usage s'est diversifié au point de toucher des professions manuelles, intellectuelles et des strates sociales variées.
Cette tendance se reflète aussi dans les chiffres de la répression : près de 197 000 personnes ont été verbalisées pour usage de stupéfiants en 2024, soit une hausse de 21 % par rapport à 2023.
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