Alors que la France a voté contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, les oppositions parlementaires RN et LFI ont annoncé les 8 et 9 janvier vouloir déposer deux motions de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu. Bien que ces motions de censure n’aient pas de chance d’être adoptées – d’autant moins que le PS a annoncé ne pas voter la censure -, de son côté, selon l’AFP, le Premier ministre Sébastien Lecornu a agité le spectre de la dissolution anticipée de l’Assemblée nationale en cas de chute du gouvernement.
Le première motion de censure contre le gouvernement a été annoncée le 8 janvier sur X par Jordan Badella, président du Rassemblement National (RN), qui a qualifié de « mise en scène » et de « manœuvre de communication aussi tardive qu’hypocrite » la décision du président de la République Emmanuel Macron, sur fond de colère agricole, de voter contre l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur – qui a finalement reçu un avis favorable du Parlement européen.
Quant à la deuxième motion de censure contre le gouvernement Lecornu, elle a été déposée le 9 janvier par la cheffe du groupe La France Insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale Mathilde Panot et 57 de ses collègues en application de l’article 49, alinéa 2, de la Constitution. « L’opposition annoncée par la France, insuffisante pour constituer une minorité de blocage, relève de la plus grande hypocrisie. Jamais l’exécutif français ne s’est réellement donné les moyens d’empêcher l’adoption de cet accord. Pire, il y a deux mois Emmanuel Macron se déclarait « plutôt positif » quant à son adoption » fustigent les signataires de la motion de censure.
Selon LCP, la motion de censure du RN devrait être déposée ce lundi 12 janvier et ces deux motions de censure pourraient être discutées mercredi 14 janvier. Pour faire tomber le gouvernement, une motion de censure doit recueillir la majorité absolue des membres de l’Assemblée nationale.
Après ces annonces de motions de censure contre son gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu a répondu sur X que « déposer une motion de censure dans ce contexte, c’est choisir délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes. C’est choisir d’affaiblir la voix de la France plutôt que de montrer l’unité nationale dans la défense de notre agriculture ». En réponse aux motions de censure du RN et de LFI, Sébastien Lecornu a selon l’AFP agité la menace d’une dissolution de l’Assemblée nationale en cas de chute du gouvernement. Rétropédalage ou pas ? Toujours est-il que Sébastien Lecornu a ensuite clarifié la situation sur cette menace d’organisation d’élections anticipées consécutives à une dissolution de l’Assemblée nationale. « Soyons clairs. Je ne veux ni de la censure, encore moins de la dissolution » a expliqué Sébastien Lecornu au Parisien, le 10 janvier. Son credo : « la stabilité et repousser le désordre. »
Mais le désordre est déjà bien présent. Le projet de Loi de finance 2026 qui doit revenir en nouvelle lecture ce mardi 13 janvier à l’Assemblée nationale est dans l’impasse : les discussions budgétaires sont bloquées. Pour le voter, plusieurs personnalités de différents partis politiques exhortent le Premier ministre à faire usage du 49.3. Le gouvernement serait cependant une nouvelle fois sur la sellette.
Pour rappel, le gouvernement n’a pas réussi à faire voter au 31 décembre le Budget 2026 de la France, qui fonctionne depuis le 1er janvier via une loi spéciale visant à assurer la continuité de la vie du pays et le fonctionnement régulier des services publics.
Sans passage en force en raison de son renoncement au 49.3, le Premier ministre devra déployer toute sa panoplie de magicien pour trouver un compromis.
