Un amendement gouvernemental pourrait étendre à tous les territoires ultramarins la taxation des alcools forts. Une perspective explosive pour la filière du rhum, qui dénonce un revirement brutal et un risque majeur pour sa survie.
Le feuilleton de la fiscalité du rhum connaît un nouveau rebondissement. Alors que la surtaxation des alcools forts, défendue par le sénateur réunionnais Stéphane Fouassin, avait été écartée en commission des finances le 9 janvier 2026, le sujet revient par la petite porte. Le gouvernement aurait déposé un amendement visant à appliquer cette taxe à l'ensemble des départements et régions d'Outre-mer.
L'information, révélée par le sénateur guadeloupéen Victorin Lurel, a immédiatement fait réagir. L'ancien ministre des Outre-mer dénonce une " opération déloyale " et un changement de cap de l'exécutif, qui remettrait en cause une clause de sauvegarde obtenue au Sénat. Celle-ci limitait jusqu'alors la mesure au seul territoire de La Réunion, afin de protéger les producteurs antillais.
Un revirement dénoncé par Victorin Lurel
" Le gouvernement avait validé cette protection. Aujourd'hui, il se dédit ", affirme Victorin Lurel, qui dit avoir reçu des garanties formelles du cabinet du ministère des Outre-mer. Selon lui, le nouvel amendement va bien au-delà du dispositif initial : la taxe serait déplafonnée, ciblerait uniquement les alcools produits localement et représenterait plusieurs centaines d'euros supplémentaires par hectolitre d'alcool pur. Une hausse qui pourrait se traduire par jusqu'à huit euros de plus par bouteille de rhum.
Une filière déjà fragilisée
Pour le sénateur de la Guadeloupe, l'impact serait considérable. Les producteurs ultramarins, déjà confrontés à une concurrence internationale féroce, peinent à absorber les charges supplémentaires. Il rappelle notamment l'explosion du coût de la vignette fiscale, dont le prix aurait augmenté de 363 % en cinq ans, sans concertation préalable.
" C'est un coup de massue fiscal ", alerte-t-il, estimant que l'extension de cette taxe mettrait en péril l'ensemble de la filière canne-sucre-rhum, pilier économique, culturel et patrimonial des territoires antillais. Il appelle les députés à rejeter l'amendement gouvernemental lors de son examen à l'Assemblée nationale.
Le débat s'annonce donc particulièrement tendu dans l'hémicycle, sur fond de mobilisation croissante des acteurs du secteur. Pour beaucoup, la " guerre du rhum " ne fait que commencer.
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