Un rapport dénonce des atteintes graves à la dignité des détenus à la prison de Baie-Mahault
Dans un rapport publié au Journal officiel ce mardi (20 janvier), le Contrôleur général des lieux de privation de liberté dresse un constat alarmant de la situation au centre pénitentiaire de Baie-Mahault.
À l'issue d'une visite menée du 29 septembre au 6 octobre 2025, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a livré un diagnostic particulièrement sévère de la prison de Baie-Mahault. Le rapport évoque un " nombre important de dysfonctionnements graves " susceptibles de constituer des " atteintes à la dignité des personnes détenues ". Parmi les constats les plus marquants figure le fait que plus de 160 détenus dorment sur des matelas posés au sol, parfois " installés sur la table et le réfrigérateur ", faute d'espace disponible.
Une surpopulation carcérale qualifiée de “dramatique”
Le rapport décrit une pression carcérale extrême, particulièrement dans la maison d'arrêt des hommes. Conçue pour accueillir 173 personnes, elle hébergeait 435 détenus lors de la visite, soit un taux d'occupation de 251 %. Le CGLPL souligne que " 167 détenus dormaient sur un matelas posé au sol ou sur du mobilier ". Cette situation ne se limite pas à ce secteur. Au centre de détention des hommes, le principe de l'encellulement individuel " n'est plus respecté ", la présence de matelas au sol étant devenue constante depuis l'été 2025. Cette promiscuité permanente aggrave les tensions et accentue la dégradation des conditions de vie
La surpopulation contribue, selon le rapport, à l'état de délabrement avancé des locaux. Les cellules sont décrites comme " pour la majorité en mauvais état ", avec des volets incomplets laissant passer la pluie. L'équipement de base est insuffisant : " aucun oreiller n'étant fourni, les détenus en confectionnent à l'aide de morceaux de matelas ". Le service de buanderie est qualifié d'effondré, le lavage des draps n'étant plus assuré, contraignant les personnes incarcérées à les laver à l'eau froide dans les lavabos.
Des conditions indignes, une sécurité défaillante et des droits bafoués
Selon le rapport, les sanitaires présentent des traces de moisissures et de salpêtre, tandis que l'absence de cloisonnement prive les détenus de toute intimité.
Le CGLPL établit également un lien direct entre ces conditions et une sécurité défaillante. Faute d'effectifs suffisants, le personnel ne serait pas en mesure de garantir la sécurité des détenus. Certains renoncent aux promenades par crainte de violences ou de racket, dans un contexte marqué par la persistance de phénomènes de gangs. La situation des mineurs est jugée particulièrement préoccupante, le rapport évoquant un " délaissement global " et un quartier inadapté, tant sur le plan matériel qu'éducatif. Enfin, l'institution dénonce des pratiques attentatoires aux droits, telles que des fouilles intégrales systématiques, y compris à l'égard des mineurs.
Face à la gravité des constats, le Contrôleur général appelle à des mesures urgentes pour réduire la pression carcérale, renforcer la sécurité et garantir le respect des droits fondamentaux, demandant au ministère de la Justice des réponses rapides et concrètes.
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