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Budget 2026 : Les motions de censure de LFI et du RN étudiées ce 23 janvier | Guyaweb, site d’information et d’investigation en Guyane

22 January 2026
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Budget 2026 : Les motions de censure de LFI et du RN étudiées ce 23 janvier

A la suite de l’engagement de la responsabilité du gouvernement (49.3) déclenchée, le 20 janvier, par le Premier ministre Sébastien Lecornu, pour faire adopter sans vote le budget de l’Etat 2026 dans sa version finale, deux motions de censure déposées dans la foulée par LFI et le RN, seront examinées ce vendredi 23 janvier à partir de 9h à Paris. Sauf énorme surprise, ces deux motions de censure ont peu de chance de faire chuter le gouvernement Lecornu, en raison de l’accord de non censure annoncée par le parti socialiste.

Le projet de loi de finance 2026, l’énième épisode. Dans la foulée du déclenchement du 49.3 annoncée la veille par le chef du gouvernement Sébastien Lecornu, la première motion de censure avait été annoncée par Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale (Guyaweb du 20 janvier).

Cette motion de censure déposée le 20 janvier, a été signée par Mathilde Panot (La France insoumise), Cyrielle Chatelain (les Verts), Stéphane Peu (communiste) et 108 députés dont notamment les députés guyanais Davy Rimane et Jean-Victor Castor qui « s’opposent fermement au projet de budget d’Emmanuel Macron » et demeurent rester « fidèles aux engagements pris lors des dernières élections, qui impliquent la rupture avec des politiques de violences sociales, écologiques et xénophobes, qui maltraitent et divisent notre peuple. ».

Pour les signataires, « Sébastien Lecornu, nommé Premier ministre par Emmanuel Macron au mépris du verdict des urnes, a fait le choix d’aggraver la crise démocratique que traverse notre pays en piétinant le Parlement par l’usage de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, privant ainsi la représentation nationale de l’exercice d’une de ses prérogatives fondamentales : voter le budget de la France. ».

Pour rappel, le Premier ministre Sébastien Lecornu, fraichement renommé en octobre 2025, avait annoncé renoncer à l’utilisation du 49.3. « De ses propres mots : « j’ai décidé de renoncer à l’article 49.3 […] nous sommes dans le moment le plus parlementaire de la Ve République […] il faut que chaque député puisse avoir du pouvoir », rappellent les signataires dans leur motion de censure.

« Le voilà désormais qui renie sa propre parole. L’engagement de Sébastien Lecornu n’aura été qu’une manœuvre de diversion, pour mieux revenir ensuite à la pratique autoritaire du pouvoir macroniste » dénoncent les signataires.

« Les dernières annonces du Gouvernement confirment son refus obstiné de taxer les plus riches, alors même que le dernier rapport sur les inégalités d’Oxfam démontre que les 53 milliardaires français sont plus riches que 32 millions de Français. L’objectif de 5 % de déficit sera atteint au prix de coupes budgétaires d’un niveau inégalé. Cette purge aura pour effet une accélération inédite de l’effondrement des services publics » pointent les signataires de la motion de son censure à lire dans son intégralité.

La seconde motion de censure déposée le 20 janvier, est celle du Rassemblement national, de l’Union des droites pour la République et 102 de leurs collègues, «pourrait se justifier uniquement par le reniement de la parole et de l’engagement du Premier ministre de la France ». Sébastien Lecornu avait « solennellement dit : « J’ai renoncé à utiliser l’article 49, alinéa 3, de la Constitution. C’est la garantie pour l’Assemblée nationale que le débat –⁠ notamment budgétaire, mais pas seulement, dans tous les domaines – vivra et ira jusqu’au bout, jusqu’au vote.»

Pour les signataires, cette seconde motion de censure « se justifie par la dangerosité de ce budget pour la France et les Français » qui « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat qui touche nos compatriotes depuis des mois, ne propose aucune économie structurelle, en particulier à travers la refonte de la politique migratoire faisant peser le seul effort sur les entreprises, n’offre aucune mesure de justice fiscale notamment la taxation de la spéculation, continue de creuser le déficit qui nourrit l’emballement de la dette de notre pays, bien loin des objectifs votés par le parlement dans la loi de programmation des finances publiques ; cette copie du budget est néfaste pour le pays et doit donc être rejetée. » 

La première motion de censure déposée par LFI sera examinée en premier, ce vendredi 23 janvier à 9h à Paris. Elle sera décisive car le RN la votera alors que LFI ne votera pas celle du RN.

Sauf énorme surprise, la motion de censure de LFI ne devrait pas faire chuter le gouvernement qui s’est mis le parti socialiste dans la poche en octroyant de nombreuses concessions (Guyaweb du 19 janvier). En cumulant les votes de tous les signataires, la majorité absolue de 289 voix ne sera pas atteinte pour renverser la table.

Mais « dans le cas où cette motion ne passerait pas, les deux prochaines motions de censure consécutives aux deux prochains 49.3 seront là aussi déposées en commun » a déjà annoncé Mathilde Panot.