To Lam a été reconduit "à l'unanimité" vendredi pour cinq ans à la tête du Vietnam lors du congrès du parti communiste, qui a validé ses grandes orientations, notamment axées sur la poursuite de la croissance économique.
Depuis son accession au poste de secrétaire général du parti, il y a seulement 17 mois, le dirigeant de 68 ans a su écarter ses rivaux tout en menant une campagne de réformes volontaristes qualifiée de " révolution ".
Le Vietnam, qui compte 100 millions d'habitants, est à la fois un Etat autoritaire à parti unique et un pôle économique régional grandissant, fort d'une croissance de 8% en 2025.
A l'instar de Xi Jinping chez le voisin chinois, To Lam visait également à être nommé président, le deuxième poste hiérarchique dans la politique vietnamienne.
Aucune annonce officielle n'a été faite à ce sujet, mais les analystes estiment que la composition du politburo -- l'organe de décision le plus élevé du parti -- indique qu'il y est probablement parvenu, même si une confirmation officielle de l'Assemblée nationale sera nécessaire.
"Ce qu'il voulait"
Ancien ministre de la Sécurité publique, Tom Lam incarne un courant favorable à la police, auquel fait face une aile réputée plus conservatrice et proche de l'armée.
Son courant est dominateur parmi les 19 membres du nouveau politburo, son plus proche rival, le ministre de la Défense Phan Van Giang, ayant été relégué au septième rang.
"La façon dont la liste est présentée, et l'image qu'elle renvoie, suggère fortement que To Lam est sur le point d'occuper les deux postes", a avancé Nguyen Khac Giang, de l'Institut ISEAS-Yusof Ishak de Singapour.
Une photo publiée par les médias d'Etat à la clôture du congrès quinquennal du parti montre un To Lam triomphant, entouré de ses alliés Tran Thanh Man, Tran Cam Tu et Le Minh Hung, les trois autres membres les plus haut placés du politburo.
Cela laisse entendre que les cinq " piliers" du système de gouvernance collective du Vietnam seraient tenus par ces quatre hommes.
"To Lam a réussi à consolider son pouvoir, son pouvoir personnel et sa domination sur le politburo", a dit l'analyste vietnamien Tuong Vu. "Personne n'a été capable de l'arrêter. Il a obtenu ce qu'il voulait."
Dans un discours de clôture, To Lam a exprimé sa "profonde gratitude pour la confiance accordée par le congrès", et affirmé que le parti continuerait à travailler "rapidement et correctement".
Lutte anticorruption
Elevé au rang de chef du parti en 2024 après la mort du précédent secrétaire général Nguyen Phu Trong, le sexagénaire, issu des rangs de la police, a surpris le pays par la rapidité de ses réformes.
Il a supprimé des pans entiers de l'administration, abolissant huit ministères ou agences gouvernementales et réduisant de près de 150.000 le nombre de fonctionnaires, tout en lançant des projets ambitieux dans le ferroviaire et l'énergie.
Encore renforcé au sommet du parti, il devrait se concentrer sur le développement du secteur privé, notamment dans le numérique, afin d'atteindre une croissance annuelle de 10% au cours des cinq prochaines années.
Cela nécessitera de moderniser les infrastructures de transport et d'énergie, mises à rude épreuve par le "succès remarquable" du pays, a estimé Daniel Kritenbrink, ancien ambassadeur des Etats-Unis au Vietnam.
Etonnamment résilient face aux nouveaux droits de douane de 20% imposés par le président américain Donald Trump, le pays a enregistré l'an dernier l'une des plus fortes croissances d'Asie.
Il fait toutefois face à plusieurs défis, notamment les tensions entre ses principaux partenaires commerciaux, les Etats-Unis et la Chine, ou des pressions environnementales et sociales de plus en plus fortes sur le plan intérieur.
To Lam s'est engagé cette semaine à poursuivre sa lutte anticorruption, dont les analystes estiment qu'il s'est servi pour écarter ses rivaux.
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• Nhac NGUYEN
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