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La «stretchflation» : comment les industriels vous font payer plus cher… pour quelques grammes en plus

25 January 2026

L'ONG Foodwatch tire la sonnette d'alarme sur une pratique sournoise baptisée "stretchflation". Derrière ce terme se cache une réalité simple : les industriels gonflent très légèrement le poids de leurs produits pour justifier une envolée bien plus forte des prix.

Le vocabulaire de la consommation se complexifie, mais la logique demeure : maximiser les profits au détriment de la clarté pour l'acheteur. Après la désormais célèbre "shrinkflation" (réduire le contenu pour le même prix), les industriels déploieraient une nouvelle stratégie, la "stretchflation" (de "stretch", étirer). Le principe ? Ajouter quelques grammes à un produit et en profiter pour augmenter son prix de manière bien plus que proportionnelle. L'objectif est de donner "une impression aux consommateurs d'être gagnants", alors qu'ils payent en réalité plus cher chaque gramme acheté, dénonce Foodwatch.

L'ONG, dans un communiqué du 22 janvier, a documenté plusieurs cas concrets, remontés par des clients. L'exemple du produit "La Panée Garden Gourmet" (Nestlé) est éloquent : entre octobre 2023 et décembre 2025, son poids est passé de 180 à 207 grammes, soit une augmentation de 2,7%. Dans le même temps, le prix au kilo a lui bondi de 21,1%, une hausse presque dix fois plus importante que celle du contenu. Même schéma pour la flammekueche Stoeffler : son format est passé de 350 à 380 grammes (+8,6%), mais le prix au kilo a augmenté de 17,96%. L'augmentation de la quantité ne justifie donc pas la majoration appliquée.

Un manque de transparence qui "induit en erreur"

Pour Audrey Morice, chargée de campagnes chez Foodwatch France, le cœur du problème est l'opacité. "Foodwatch dénonce le manque de transparence sur l'évolution des formats et des prix, qui empêche les consommateurs de savoir réellement ce qu'ils achètent et ce qu'ils paient", explique-t-elle. Les changements sont souvent présentés comme des "nouveaux formats plus généreux", mettant en avant l'avantage quantitatif mineur pour masquer la pénalité financière majeure. Cette stratégie de marketing brouille la comparaison et rend le calcul du prix au kilo, pourtant essentiel, plus difficile pour le client.

Si ces manipulations sont jugées "peu morales" par les associations, elles ne sont pas, en l'état, illégales. Les entreprises restent libres de modifier leurs recettes et leurs formats. Cependant, Foodwatch rappelle le cadre existant : "il est interdit d'induire les consommateurs en erreur avec le prix, la publicité ou le marketing des produits". L'ONG estime que la "stretchflation", par son manque de proportionnalité et de clarté, frôle cette limite. Son alertes vise à pousser les autorités à un meilleur encadrement et à inviter les consommateurs à redoubler de vigilance face aux étiquettes et aux arguments marketing.