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Chirurgie d’augmentation du pénis : un patient milliardaire meurt, le praticien écope de prison avec sursis

29 January 2026

Près de cinq ans après la mort d'Ehud Arye Laniado, lors d'une procédure d'augmentation du volume du pénis dans une clinique esthétique parisienne, le jugement est tombé. Le chirurgien esthétique Guy H. a été condamné à 15 mois de prison avec sursis, une interdiction définitive d'exercer et 50 000 euros d'amende.

Le samedi soir de 2019 devait être une routine pour le chirurgien esthétique Guy H., figure connue du milieu. Dans sa clinique Saint-Honoré-Ponthieu à Paris, il recevait l'un de ses clients les plus fidèles et les plus fortunés : Ehud Arye Laniado, 65 ans, fondateur et patron du groupe diamantaire Omega Diamonds. Ce Belgo-Israélien, habitué des lieux, venait deux à quatre fois par an pour des actes à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Ce soir-là, au programme : des injections au visage et une procédure visant à augmenter le volume du pénis. Peu après 22 heures, le milliardaire est victime d'un malaise cardiaque fatal. 

Après une longue instruction pour homicide involontaire, non-assistance à personne en danger, usage de substances vénéneuses et exercice illégal de la médecine, le tribunal de Paris a rendu son délibéré. La peine est sévère pour le chirurgien star : 15 mois de prison avec sursis, une interdiction définitive d'exercer toute activité liée à la médecine et une amende de 50 000 euros. Sa remplaçante ce soir-là, une chirurgienne, a été condamnée à 12 mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende. Le tribunal a ainsi sanctionné les graves manquements professionnels et légaux à l'origine du drame.

L'autopsie révèle une cause cardiaque, masquant des pratiques à risque

L'enquête médico-légale a rapidement écarté l'hypothèse d'un problème lié directement à l'injection pénienne. Elle a en revanche mis en lumière des pratiques dangereuses. La victime utilisait des vasodilatateurs, des substances qui dilatent les vaisseaux sanguins, souvent employées pour faciliter l'érection mais connues pour leurs effets néfastes sur le cœur. L'autopsie a finalement révélé que le diamantaire souffrait d'une hypertrophie cardiaque (un cœur anormalement gros), condition qui, combinée aux substances ingérées, a probablement causé l'arrêt cardiaque. 

Une remplaçante incompétente et des secours tardifs

Le rôle de la chirurgienne remplaçante, présente ce soir-là, a été crucial dans le drame et dans la condamnation. Il a été établi qu'elle n'était pas inscrite à l'ordre des médecins français et n'avait pas fait équivaloir ses diplômes obtenus à l'étranger, exerçant donc illégalement. Face au malaise, elle a bien réalisé un massage cardiaque mais n'a pas su réanimer le patient. Surtout, elle n'a alerté les secours qu'après deux appels téléphoniques, perdant un temps précieux. Son manque de formation reconnue et sa réaction inadaptée ont été retenues contre elle, illustrant les risques mortels de confier des actes médicaux à des praticiens non habilités.

Ce drame, au-delà de la condamnation pénale, jette une lumière crue sur les dérives potentielles de la médecine esthétique lucrative. Il révèle un monde où des clients ultra-riches paient des fortunes pour des actes parfois risqués, réalisés dans un cadre où la frontière entre soin et commerce peut s'estomper, et où le respect strict du code de déontologie et des procédures d'urgence n'est pas toujours garanti. Le verdict sonne comme un avertissement à l'ensemble de la profession.