L'épée de Damoclès s'éloigne, pour l'instant. Ce lundi 2 février 2026, le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre a accordé un sursis de six mois à la compagnie aérienne Air Antilles en la plaçant en redressement judiciaire.
Le verdict est tombé ce lundi matin au tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre. Face aux difficultés financières et opérationnelles croissantes, la justice a choisi de donner une chance de survie à Air Antilles. La compagnie est officiellement placée en redressement judiciaire pour une durée de six mois. Cette procédure constitue un répit vital. Elle suspend temporairement le remboursement des dettes et offre à l'entreprise une période d'observation pendant laquelle elle doit élaborer et présenter un plan de continuation crédible. L'objectif est de permettre à l'entreprise de se restructurer, de trouver des solutions à ses problèmes et d'éviter le scénario du pire : la liquidation judiciaire, qui aurait signé l'arrêt définitif de ses activités et des conséquences graves pour la mobilité inter-îles.
La double mission de la direction : finance et régulation
Pour saisir cette ultime opportunité, la direction d'Air Antilles doit désormais relever deux défis majeurs de front.
Le défi financier : trouver des fonds d'urgence
La première priorité est de garantir la trésorerie de l'entreprise pour assurer son fonctionnement quotidien (salaires, maintenance, carburant). Le tribunal attend la présentation d'un plan de financement solide, qui pourrait passer par une recherche active d'investisseurs, des prêts ou une restructuration de la dette avec les créanciers. Sans une solution rapide, toute tentative de redressement serait vouée à l'échec.
Le défi administratif : régulariser sa situation aéronautique
Le second obstacle est tout aussi critique. Air Antilles doit impérativement régulariser sa situation auprès de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Deux points sont en suspens :
- Obtenir la prorogation de sa licence d'exploitation, qui était arrivée à échéance le 31 janvier 2026.
- Faire lever la suspension de son certificat de transport aérien, sans lequel elle ne peut tout simplement pas opérer de vols commerciaux.
La compagnie devra convaincre les autorités de sa capacité technique et financière à assurer un service sûr et fiable.
Un enjeu majeur pour la continuité territoriale
Au-delà du sort de l'entreprise elle-même, ce sursis judiciaire est crucial pour les habitants et l'économie des Antilles. Air Antilles joue un rôle essentiel dans la liaison aérienne régionale, notamment entre la Guadeloupe, la Martinique et les îles du Nord (Saint-Martin, Saint-Barthélemy). Sa disparition créerait un vide majeur dans l'offre de transport, avec des risques d'envolée des prix sur les liaisons restantes, une réduction de la fréquence des vols et un isolement accru pour certains territoires. La pression est donc immense sur la direction pour qu'elle trouve des solutions viables dans les six mois à venir. Le compte à rebours est lancé pour sauver une compagnie devenue un maillon vital de l'archipel.
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