Près de cinq tonnes de cocaïne interceptées par la marine française en Polynésie
L'océan n'en finit plus de recracher de la poudre blanche. Ce jeudi 5 février 2026, le ministère des Armées a officialisé deux opérations majeures de la Marine nationale. Si les chiffres donnent le tournis plus de 4,2 tonnes saisies dans le Pacifique Sud , ils révèlent surtout une mutation profonde des routes mondiales du narcotrafic, où nos eaux territoriales deviennent les carrefours d'un commerce de l'ombre.
C'est une prise qui fera date par son volume, mais aussi par sa destination. Intercepté en provenance d'Amérique centrale, un navire transportant 4,24 tonnes de cocaïne a été arraisonné par les forces françaises. Fait notable : le chargement ne visait pas les côtes polynésiennes, mais vraisemblablement l'Afrique du Sud. Cette saisie massive, détruite en haute mer pour préserver l'intégrité environnementale des zones protégées, confirme une tendance soulignée par les Nations unies : l'axe Pacifique est devenu l'autoroute préférée des groupes criminels pour alimenter les marchés australien, néo-zélandais et désormais africain.
Un mois plus tôt, en janvier 2026, près de cinq tonnes avaient déjà été interceptées dans la même zone.
Coopération régionale : le verrou caribéen tient bon
Plus proche de nous, la vigilance ne faiblit pas. En mer des Caraïbes, une seconde opération a permis l'interception de 678 kilogrammes de cocaïne. Ici, la réponse a été immédiate et partenariale : Le navire et sa cargaison ont été remis aux autorités de la Barbade. Cette saisie illustre la pression constante exercée sur l'arc antillais, point de passage névralgique où la surveillance aéromaritime doit composer avec une ingéniosité croissante des trafiquants. Pour les Antilles, cette lutte est vitale pour limiter l'irrigation d'une économie souterraine dont les soubresauts se font souvent sentir jusque dans nos quartiers.
Saisir sans juger, le choix d'une justice sous pression
L'opération, saluée par Catherine Vautrin, la Ministre des Armées, cache une réalité plus complexe sur le plan légal. Dans le Pacifique, le parquet a choisi de ne pas engager de poursuites, libérant le navire et son équipage après la destruction de la marchandise. Ce pragmatisme judiciaire, dicté par la volonté de ne pas saturer des tribunaux locaux déjà sous tension pour des dossiers ne concernant pas directement le territoire, interroge sur la portée dissuasive de telles interventions. Si la Marine assèche les flux, le traitement des réseaux en amont reste le défi majeur d'une guerre des routes qui semble sans
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