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Les États-Unis traquent et saisissent un pétrolier jusque dans l’océan Indien

10 February 2026

Dans une démonstration de force spectaculaire, les forces américaines ont saisi lundi le pétrolier Aquila II dans l'océan Indien, après l'avoir "traqué et chassé" depuis les Caraïbes. Cette saisie, la huitième depuis décembre, illustre la détermination de Washington à faire appliquer son blocus maritime contre le Venezuela.

Les États-Unis ont porté leur politique de blocus maritime à un nouveau niveau. Le Pentagone a annoncé lundi avoir procédé à la saisie du pétrolier Aquila II dans l'océan Indien, une opération présentée comme le point final d'une longue traque. Le navire, selon Washington, avait initialement "bravé la quarantaine" instaurée par le président Donald Trump dans les Caraïbes contre les navires liés au Venezuela, avant de prendre la fuite.

Dans une vidéo publiée par le ministère de la Défense, on peut voir des soldats américains embarquer dans un hélicoptère puis descendre en rappel sur le pont du pétrolier, lors d'une intervention décrite comme s'étant déroulée "sans incident". Cette saisie marque une extension géographique significative de la portée des opérations américaines, le second cas intercepté hors de la région après un pétrolier lié à la Russie arraisonné dans l'Atlantique Nord début janvier.

Le dispositif Trump : huit navires saisis et un blocus militaire renforcé

L'Aquila II devient le huitième navire saisi depuis que Donald Trump a ordonné, en décembre, un blocus maritime ciblant le Venezuela. Pour faire appliquer cette politique, Washington a massivement déployé un dispositif militaire dans les Caraïbes. Celui-ci a déjà permis, selon les autorités américaines, d'intercepter des pétroliers sous sanctions, de frapper des embarcations accusées de trafic de drogue et a culminé avec la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro début janvier. Ces actions forment un volet crucial de la stratégie de "pression maximale" de l'administration Trump contre le régime de Caracas, visant à l'asphyxier économiquement en coupant ses flux pétroliers. Cependant, les bâtiments saisis ne représentent qu'une infime partie des navires sous sanctions évoluant dans le monde, dont le nombre pourrait atteindre 800 unités, selon des estimations présentées au Congrès américain début février.

Un impact réel ou symbolique ? La difficile mise en œuvre d'un blocus mondial

Cette saisie spectaculaire pose la question de l'efficacité et des limites de la stratégie américaine. Si elle envoie un message de dissuasion fort quant à la capacité et la volonté des États-Unis à poursuivre les contrevenants très loin de leurs côtes, l'ampleur de la tâche reste colossale. L'aveu du contre-amiral David Barata devant le Congrès, évoquant des centaines de navires potentiellement concernés à travers le globe, souligne le défi logistique et diplomatique que représente la volonté de faire respecter un blocus à l'échelle mondiale. L'interception dans l'océan Indien démontre une capacité opérationnelle certaine, mais elle illustre aussi la nécessité pour Washington de consacrer des ressources considérables à la traque de navires individuellement, alors que le trafic maritime global reste immense et difficile à contrôler intégralement. Cette action renforce ainsi à la fois l'image d'une superpuissance déterminée et les interrogations sur la soutenabilité à long terme d'une telle approche.