Local News

Le Guatemala tourne la page de la coopération médicale avec Cuba

10 February 2026

Jacques Vilus

Ce départ programmé met fin à une présence ininterrompue depuis 1998
Ce départ programmé met fin à une présence ininterrompue depuis 1998 • PHOTO, INVESTIGACTION

“ Le Guatemala, partenaire historique de la coopération médicale cubaine depuis plus d'un quart de siècle, a confirmé le retrait progressif des brigades de l'île de son territoire. Cette décision marque un tournant diplomatique et sanitaire majeur pour la région. “

La nouvelle est tombée via le ministère des affaires étrangères guatémaltèque : le pays ne renouvellera plus les contrats des coopérants cubains à mesure que leurs missions respectives arriveront à leur terme. Ce départ programmé met fin à une présence ininterrompue depuis 1998, date à laquelle les premiers médecins de l'île étaient arrivés pour répondre à l'urgence humanitaire causée par l'ouragan Mitch. La brigade médicale cubaine, forte d'environ 400 spécialistes, est aujourd'hui déployée dans les zones les plus reculées du pays. Présents dans 16 départements, ces médecins assurent l'essentiel des soins primaires là où le système national est défaillant. Si le gouvernement assure que la transition sera gérée par le ministère de la santé, l'inquiétude grandit dans les communautés rurales face au futur vide sanitaire.

La pression de Washington en toile de fond

Si les autorités évoquent une réorganisation interne, le contexte géopolitique est indissociable de cette rupture. Les États-Unis ont intensifié leur pression sur les pays employant ces brigades, qualifiant souvent ces missions de " trafic d'êtres humains " en raison (selon eux) des prélèvements massifs du régime de La Havane sur les salaires des praticiens. Des restrictions de visas pour les fonctionnaires facilitant ces accords ont achevé de placer le Guatemala dans une position diplomatique intenable.

Un coup dur pour l'économie de La Havane

Pour Cuba, la perte du contrat guatémaltèque est un revers économique cinglant. L'exportation de services médicaux constitue la principale source de devises de l'île, devant le tourisme. Après le Brésil ou la Bolivie, c'est un nouveau bastion de la " diplomatie de la blouse blanche " qui s'effondre, illustrant l'isolement croissant du modèle cubain sur le continent.