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«250 euros par enfant et par mois» : le rapport choc qui veut révolutionner la politique familiale française

11 February 2026

Face à une natalité au plus bas depuis 1945, un rapport parlementaire dévoilé ce mercredi ne propose rien de moins qu'une refondation de la politique familiale. Son auteur, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, plaide pour un " versement familial unique " de 250 euros par enfant.

Ils étaient 644 000 à voir le jour en 2025. Soit 2,3 % de moins qu'en 2024, et surtout 24 % de moins qu'en 2010. Selon l'Insee, la France n'avait pas connu si peu de naissances depuis l'immédiat après-guerre. Un constat alarmant qui a conduit à la mission parlementaire dont les conclusions sont rendues publiques ce mercredi. Deux ans après l'appel controversé d'Emmanuel Macron au " réarmement démographique ", le rapport constate un décalage persistant : le désir d'enfant reste " élevé en France ", mais sa réalisation est " de plus en plus entravée par les obstacles économiques, professionnels et symboliques ". La nouvelle politique familiale préconisée se veut donc une réponse à ce "désir d'enfant empêché".

Une prestation universelle de 250 euros par enfant

Mesure phare du rapport : la création d'un " versement familial unique " de 250 euros par enfant et par mois, attribué sans conditions de ressources dès le premier enfant et jusqu'à ses 20 ans. Cette allocation unique fusionnerait une dizaine d'aides existantes, pour un surcoût estimé entre 5 et 10 milliards d'euros. Le rapport prône également une revalorisation des avantages fiscaux pour les foyers avec enfants, ainsi que la possibilité pour les entreprises de verser une prime de naissance défiscalisée. Côté logement, il propose la création d'un prêt à taux zéro pour l'acquisition d'un bien lors d'une naissance et une meilleure rotation dans l'attribution des logements sociaux.

Congé parental unifié : douze mois rémunérés

Autre levier majeur : l'amélioration de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Le rapport préconise la création d'un " congé parental unifié " de douze mois, rémunéré proportionnellement au salaire. Il propose également d'ouvrir le congé proche aidant aux grands-parents, afin qu'ils puissent garder ponctuellement leurs petits-enfants, et d'accorder aux parents et grands-parents des autorisations d'absence pour participer aux moments clés de la scolarité – environ quatre demi-journées par an. " Au-delà de l'État, la société entière doit s'adapter, les entreprises et la famille au sens large ont aussi un rôle à jouer ", insiste Jérémie Patrier-Leitus.

Trains, logement, fiscalité : la société en mode " famille "

Le rapport s'attaque aussi aux symboles. Il recommande de rendre obligatoire l'aménagement d'espaces adaptés aux enfants dans les trains, quelques semaines après la polémique déclenchée par la SNCF et son espace Optimum " sans enfants ", perçu comme une nouvelle illustration de la tendance " no-kids ". " On ne peut pas d'un côté s'alarmer du fait qu'en France on ne fait plus d'enfants et de l'autre ne plus les tolérer ", a taclé la députée Liot Constance de Pélichy, présidente de la mission d'information, qui a déposé une proposition de loi pour interdire ce type de dispositifs excluant les plus jeunes.

Un ministère dédié pour piloter la réforme

Pour incarner cette nouvelle ambition, le rapport ne propose rien de moins que la création d'un ministère de plein exercice, spécifiquement dédié à la politique familiale, directement rattaché au Premier ministre. Signe que le sujet, longtemps parent pauvre des arbitrages budgétaires, est désormais hissé au rang des priorités stratégiques. Reste à savoir si l'exécutif, déjà contraint sur le plan des finances publiques, traduira ces préconisations en actes. En janvier déjà, l'Unaf appelait le gouvernement à "réinvestir" dans la politique familiale. Le rapport parlementaire lui offre une feuille de route détaillée. Reste le plus difficile : l'emprunter.