Début de la succession de Jack Lang à la tête de l’Institut du monde arabe
La succession de Jack Lang à la tête de l'Institut du monde arabe (IMA) entre dans le concret mardi avec un conseil d'administration qui doit officialiser la démission de l'ex-ministre, rattrapé par ses liens avec Jeffrey Epstein, et désigner un nouveau président.
Après 13 années à la tête de cette institution hybride, lieu culturel et instrument diplomatique, Jack Lang, 86 ans, a été contraint d'en lâcher les rênes le 7 février après la mise au jour de ses nombreux échanges avec le financier américain et criminel sexuel, mort en prison en 2019.
Lundi, au moment même où il faisait ses adieux à ses équipes, des enquêteurs de la brigade financière ont perquisitionné ses bureaux de l'IMA à Paris en quête de traces d'un "blanchiment de fraude fiscale" lié à une société offshore fondée en 2016 par sa fille Caroline et Jeffrey Epstein.
De source proche du dossier, son domicile à Paris a également reçu la visite de policiers dans le cadre de l'enquête ouverte le 6 février par le parquet national financier après la publication de 3 millions de documents aux Etats-Unis liés à l'affaire Epstein.
"Il y a une campagne de calomnie et de lynchage et je le dis, je vous le dis, on verra ensuite qu'elle n'est fondée sur rien", a de nouveau clamé Jack Lang devant ses équipes, récusant toutes les accusations et justifiant sa démission par son souci de "protéger l'image" de l'IMA.
Convoitises
Depuis l'annonce de son départ, la course à sa succession alimente les spéculations dans les allées du pouvoir et doit se concrétiser mardi matin avec la convocation à 10H du conseil d'administration de l'Institut.
Composée de 14 membres --sept ambassadeurs de pays arabes et autant de personnalités désignées par le ministère des Affaires étrangères--, cette instance doit déjà acter formellement la démission de Jack Lang.
Selon une source interne, l'ancien ministre socialiste a prévu de prononcer quelques mots pour dresser le bilan de son mandat à la tête d'une institution dont le budget est pourvu pour moitié par une subvention de 12,3 millions d'euros du ministère des Affaires étrangères.
Dans la foulée, le conseil d'administration, qui compte notamment les ambassadeurs d'Arabie Saoudite, du Qatar ou de Palestine ainsi que le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné, devrait se prononcer sur le successeur de Jack Lang, dont le nom est proposé par les autorités françaises.
Selon des sources informées du dossier, trois candidats ont été retenus parmi de nombreuses candidatures spontanées : Karim Amellal, ancien délégué interministériel à la Méditerranée ; Olivier Poivre d'Arvor, ambassadeur chargé des Pôles et des affaires maritimes et ex-ambassadeur en Tunisie, et Anne-Claire Legendre, donnée souvent comme favorite, ex-porte-parole du Quai d'Orsay et actuelle conseillère Afrique du nord et Moyen-Orient à la cellule diplomatique de l'Elysée.
Ces trois candidats ont été entendus lundi par le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, a appris l'AFP auprès de son entourage.
Selon une source dans l'exécutif, la réunion du conseil d'administration pourrait toutefois se contenter d'acter la démission de Jack Lang et décider de repousser sa décision finale, le temps d'examiner les candidatures à la direction de cette prestigieuse institution.
A la fois musée, bibliothèque ou encore centre de langues, l'Institut du monde arabe découle d'un partenariat noué en 1980 avec 22 pays arabes et a été inauguré en 1987 par le président socialiste François Mitterrand.
Chargée d'établir "des liens forts et durables entre les cultures", cette fondation privée reconnue d'utilité publique a été longtemps moribonde et a, de l'avis général, regagné en visibilité pendant le long mandat de Jack Lang.
En 2023, l'IMA a accueilli quelque 750.000 visiteurs.
jt-Dt-fff/mch/frd/lpa

• Charlotte SIEMON

• ANWAR AMRO

• Ludovic MARIN
Related News
Nouveaux pourparlers attendus à Genève entre l'Iran et les Etats-Unis
Paris: un homme armé d'un couteau menace un chauffeur de bus, la police le blesse griève...
Mort d'Adama Traoré: la Cour de cassation décide du sort de l'enquête