Marco Rubio face à la CARICOM, entre pression migratoire, offensive pétrolière et zones d’ombre
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio participe mercredi et jeudi au sommet des chefs de gouvernement de la Communauté caribéenne (CARICOM) à Saint-Kitts-et-Nevis. Au menu des discussions : la lutte contre l'immigration illégale, les trafics de drogue, mais aussi des dossiers brûlants comme le Venezuela, Cuba et Haïti.
Dans un communiqué, le porte-parole adjoint du département d'État, Tommy Pigott, a résumé la position américaine : Marco Rubio portera la voix de Donald Trump sur "la lutte contre l'immigration illégale et les trafics illicites, notamment de drogue". Une présence qui s'inscrit dans une série de déplacements du secrétaire d'État dans la région depuis un an. Mais ce discours sécuritaire se heurte à des réalités tragiques récentes. Les États-Unis ont mené des dizaines de frappes contre des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue dans les Caraïbes et le Pacifique, faisant plus d'une centaine de morts. Ces actions soulèvent aujourd'hui des questions sur leur légalité au regard du droit international.
Les autorités de Sainte-Lucie et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines attendent toujours des explications officielles sur le bombardement d'une embarcation dans les eaux territoriales saint-vincentaises. Un drame qui a coûté la vie à trois personnes, dont deux marins-pêcheurs de Sainte-Lucie. Les pays membres de la CARICOM espèrent obtenir des réponses précises de Marco Rubio sur le vrai projet politique des États-Unis pour la Caraïbe.
Venezuela : après la capture de Maduro, Washington muscle son jeu
Les relations avec le Venezuela devraient occuper une place centrale dans les discussions. Depuis la capture du président Nicolás Maduro le 3 janvier lors d'une opération militaire américaine, l'administration Trump a amorcé un virage stratégique. Objectif : normaliser les relations avec Caracas et sa présidente par intérim, Delcy Rodríguez, tout en s'assurant le contrôle du pétrole vénézuélien, vital pour de nombreuses îles de la région.
Cuba sous pression maximale
L'île cubaine, privée de pétrole vénézuélien et asphyxiée par l'embargo, est en ligne de mire. Donald Trump considère Cuba comme une "nation en faillite" et exhorte La Havane à négocier avec Washington, tout en rejetant pour l'instant l'idée d'une opération de renversement du régime. Selon le média Axios, Marco Rubio mènerait personnellement des discussions secrètes avec le petit-fils de Raúl Castro, dans un contexte de pression accrue. Une information non confirmée par Washington. Depuis janvier, les États-Unis imposent un blocus énergétique à Cuba, invoquant une "menace exceptionnelle" pour la sécurité nationale américaine, à seulement 150 kilomètres des côtes de Floride.
Haïti : Washington soutient son homme fort
La violence des gangs en Haïti figure également à l'agenda. Face à la déliquescence des institutions et la fin du Conseil présidentiel de transition, Washington a clairement apporté son soutien au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, désormais seul maître à bord. Les États-Unis ont récemment dépêché trois navires de guerre et s'efforcent de finaliser la mise en place d'une force internationale antigang.
Ce sommet de la CARICOM s'annonce donc sous haute tension, entre attentes de transparence des petits États insulaires et démonstration de force de la première puissance régionale.
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