Les défenses anti-aériennes et l'arsenal de missiles balistiques de l'Iran, contre lequel les Etats-Unis et Israël ont annoncé samedi avoir lancé des frappes, ont été considérablement amoindris par les précédents raids israéliens et américain, mais Téhéran conserve des capacité de rétorsion et de harcèlement.
+ Des défenses anti-aériennes décimées
Le système de déni d'accès iranien, avec son réseau de radars et de batteries sol-air, est "au plus mal, tout ce qui était systèmes de détection à longue portée et systèmes sol-air à moyenne et longue portée a été détruit pendant les différentes campagnes", estime Pierre Razoux, directeur des études de la Fondation méditerranéenne d'études stratégiques (FMES).
Les raids israéliens d'avril et octobre 2024 avaient "ouvert une véritable autoroute vers Téhéran, il n'y avait plus de défense aérienne iranienne, il n'y avait plus d'aviation de chasse en Iran" pour s'opposer aux frappes israéliennes et américaines ensuite menées en juin dernier lors de la guerre de 12 jours déclenchée par une attaque israélienne, expliquait à la fin de l'été le chef d'état-major de l'armée de l'Air française, le général Jérôme Bellanger.
A l'issue du conflit de juin, l'armée israélienne a affirmé avoir détruit 70 radars à moyenne et longue portées et 80 des 100 batteries de missiles sol-air iraniennes, constituées de systèmes S-300 d'origine russe et iraniens Bavar-373 et Khordad-15.
Depuis, Russes et Chinois ont annoncé qu'ils allaient remettre à l'Iran "des chasseurs et des systèmes de défense sol-air à longue portée, mais qui n'ont pas été livrés à ce stade. La seule chose livrée, ce sont des radars chinois", selon Pierre Razoux.
Il s'agirait du système radar YLC-8B, censé être capable de détecter des avions furtifs, selon la base de données Odin de l'armée américaine.
Russes et Chinois ont en revanche livré du matériel de brouillage "notamment pour brouiller les terminaux Starlink, du matériel fait pour empêcher l'opposition et les éléments infiltrés de communiquer pour donner des informations aux Américains ou aux Israéliens", selon Pierre Razoux.
+ Un arsenal de missiles amoindri mais menaçant
La supériorité aérienne israélienne lui a permis en juin de cibler les lanceurs et entrepôts de stockage de missiles balistique et de croisière iraniens utilisés notamment pour frapper le territoire israélien.
Téhéran dispose toujours de 1.500 à 2.000 missiles balistiques de moyenne portée capables de frapper Israël, pointe Farzan Sabet, spécialiste de l'Iran au Geneva Graduate Institute.
"On n'est pas tous d'accord, à mon avis beaucoup moins", tempère le directeur des études de la FMES qui les évalue "entre 600 et 900". Mais "on ne connaît pas la réalité du rythme de production" de ces missiles, reconnaît-il.
"La vraie question, c'est le nombre de véhicules lanceurs, parce que si vous avez des missiles, mais que vous n'avez pas assez de véhicules lanceurs, ça vous fait une belle jambe", estime-t-il.
Or Isräel estime avoir détruit 293 des 480 véhicules lance-missiles dont l'Iran disposait, rapportent d'anciens généraux américains sur la base d'entretiens avec des responsables israéliens dans une étude de l'Institut juif pour la sécurité nationale de l'Amérique (Jinsa).
Cela complique la capacité iranienne à saturer la bulle de défense antimissiles israélienne, selon Pierre Razoux, pour laquelle "il faut que ce soit des salves à chaque fois de plus de 100 missiles" nécessitant au moins 50 véhicules, qui doivent se mettre à découvert en même temps.
Téhéran conserve en revanche de nombreux missiles balistiques à plus courte portée, comme les Shahab-2 et Fateh-313, "bien plus précis" et capables de semer le chaos dans le Golfe, selon Farzan Sabet.
Avec ces missiles, les Iraniens sont "capables de frapper toutes les bases américaines autour de l'Iran, en Irak, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats", selon M. Razoux, qui les estime à "plus d'un millier".
+ Une capacité de harcèlement dans le Golfe
Les moyens de la marine iranienne sont limités, mais le Corps des Gardiens de la révolution dispose de 15 sous-marins de poche capables de tirer une ou deux torpilles légères et de 60 navires lance-missiles, une "armada de petites vedettes qui peuvent aisément se cacher sur le littoral et harceler le flux maritime", selon le directeur des études de la FMES.
Téhéran détient également des batteries de missiles antinavires et a la capacité de miner le détroit d'Ormuz, artère stratégique pour l'exportation du pétrole produit par les pays du Golfe.
Pour Téhéran, "la capacité de harcèlement est élevée, ils peuvent jouer à ce que font les Houthis au Yémen autour du détroit de Bab el-Mandeb sans problème et pendant longtemps", analyse Pierre Razoux.
Il juge en revanche "faible" la capacité à "interdire durablement" le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.
mra/dab/hba/cab

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• ATTA KENARE
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