Les prisons françaises comptaient 86.645 détenus au 1er février 2026, un nouveau record dans un contexte de surpopulation carcérale chronique, selon des données du ministère de la Justice consultées lundi par l'AFP.
À la même date, les prisons françaises comptaient seulement 63.289 places opérationnelles, ce qui établit le taux de densité carcérale à 136,9%. Cette surpopulation carcérale oblige 6.596 prisonniers à dormir sur un matelas au sol contre 4.490 il y a un an.
Les maisons d'arrêt très touchées
Sur un an, les prisons françaises comptent 5.046 détenus de plus (+6,18%) pour seulement 1.643 places opérationnelles supplémentaires.
Cette surpopulation concerne principalement les maisons d'arrêt (167%), où sont incarcérés les détenus en attente de jugement et donc présumés innocents, et ceux condamnés à de courtes peines. La densité carcérale dépasse les 200% dans 25 établissements pénitentiaires français.
La France figure parmi les plus mauvais élèves d'Europe en matière de densité carcérale. Fin janvier, le Conseil de l'Europe a dénoncé l'état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d'une évolution vers un " entrepôt humain ". Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt.
Syndicats et professionnels du monde pénitentiaire décrivent régulièrement un système au bord de l'explosion, cette surpopulation s'accompagnant d'un sous-effectif chronique parmi les surveillants et de l'insalubrité de nombreux lieux de détention.
Seules la Slovénie et Chypre présentent une situation plus préoccupante en Europe, selon une étude publiée en juillet par le Conseil de l'Europe.
3000 places supplémentaire pour la fin 2027
Début janvier, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a dit vouloir vaincre la surpopulation carcérale, notamment en construisant des prisons, mais en écartant toute régulation du nombre de détenus.
Son ministère compte ouvrir d'ici un an et demi 3.000 places supplémentaires dans des prisons modulaires.
Mais seules 4.500 des 15.000 places additionnelles prévues dans un plan lancé en 2018 ont pour le moment été livrées, reconnaissait l'été dernier le ministère de la Justice.
Des voix s'élèvent pour que la France, à l'instar d'autres pays européens, s'engage dans la voie de la régulation carcérale, un ajustement de la population pénitentiaire en limitant les entrées ou en facilitant les sorties pour éviter une surpopulation.
Mais cette option est à contre-courant des discours politiques sur l'exécution des peines de détention. Le garde des Sceaux a dit son opposition à une telle politique.
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