Trinidad et Tobago : Le retour de l’état d’urgence face à la terreur des gangs
Par Jacques VILIUS

Face à une spirale meurtrière que rien ne semble freiner, la Présidente de Trinidad-et-Tobago, Christine Kangaloo, a décrété hier, mardi 3 mars, l'état d'urgence national. Derrière cette décision annoncée par la Première ministre Kamla Persad-Bissessar, se cache une réalité comptable insupportable : 63 homicides ont déjà ensanglanté l'archipel depuis le 1er janvier.
Le précédent état d'urgence s'était achevé en janvier dernier, laissant espérer une accalmie. L'illusion a été de courte durée. En seulement deux mois, le pays a atteint le chiffre critique de 63 morts par balle, égalant presque les sommets de violence de l'année précédente. Le point de rupture a été atteint le 13 février 2026. Ce jour-là, une fusillade de masse d'une violence inédite, liée aux bandes organisées, a frappé les esprits et saturé les services de secours. C'est cette recrudescence brutale des activités criminelles qui a forcé le Conseil national de sécurité à émettre un avis d'urgence lundi dernier.
Des menaces directes contre l'appareil d'État
Lors d'un briefing de sécurité réunissant le chef d'état-major Don Polo, le commissaire de police Allister Guevarro et la directrice du renseignement Alicia Henry, des informations alarmantes ont été transmises au gouvernement. Selon les services stratégiques, des menaces "crédibles" visent désormais directement :
- Les agents pénitentiaires au sein des prisons ;
- Les policiers en patrouille ;
- Les membres des forces de sécurité sur l'ensemble du territoire.
Face à ce défi lancé à l'autorité publique, Kamla Persad-Bissessar a prévenu que les membres de gangs seraient renvoyés en prison et que leurs complices feraient face à toute la rigueur de la loi.
Une stratégie de survie sécuritaire
La Première ministre défend une politique de tolérance zéro, s'appuyant sur les mesures législatives récentes visant à durcir le système pénal. Pour le gouvernement, l'enjeu est d'empêcher que les progrès réalisés ces dix derniers mois en matière de sécurité ne soient totalement anéantis par cette nouvelle vague de terreur. L'état d'urgence n'est plus ici une option politique, mais une nécessité opérationnelle pour protéger ceux qui sont censés faire respecter la loi, alors que les gangs semblent avoir franchi un nouveau palier dans la confrontation directe avec l'État.
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