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Un an après son arrestation, le maire d’Istanbul au tribunal

09 March 2026
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Le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, détenu depuis un an, comparaît lundi dans une vaste affaire de corruption qualifiée par l'opposition de tentative pour saboter ses chances de défier le président Recep Tayyip Erdogan.

Arrêté le 19 mars 2025 et détenu depuis, M. Imamoglu a commencé à comparaître devant le tribunal de Silivri à 11H05 (08H05 GMT).

Mais l'audience a été suspendue après à peine 15 minutes suite à un conflit verbal entre M. Imamoglu, les avocats et le juge, selon le compte Istanbul en Procès sur X, géré par l'équipe du maire d'Istanbul.

Le juge a refusé la demande de M. Imamoglu de prendre la parole et a suspendu l'audience jusqu'à 13H30 (10H30 GMT) après avoir ordonné l'évacuation de la salle.

Plus tôt dans la matinée, des applaudissements ont retenti lorsque M. Imamoglu et des dizaines d'autres accusés sont entrés dans la salle d'audience bondée, sous les cris "Nous sommes fiers de vous !".

M. Imamoglu a été emprisonné le jour où il a été désigné candidat du principal parti d'opposition, le CHP (Parti républicain de peuple, social-démocrate), à la prochaine élection présidentielle turque. Il est considéré comme l'un des rares hommes politiques capable de vaincre Erdogan à ce scrutin prévu avant mi-2028.

Le procureur a inculpé cet homme de 54 ans de 142 chefs d'accusation qui pourraient lui valoir une peine allant jusqu'à 2.430 ans de prison.

Il est accusé d'avoir dirigé un vaste réseau criminel sur lequel il exercerait une influence "telle une pieuvre".

Toutes les manifestations étant interdites dans un rayon d'un kilomètre autour du tribunal, des membres du CHP se sont rassemblés à distance en brandissant des images de M. Imamoglu et d'autres maires détenus, a rapporté un journaliste de l'AFP sur place.

"Président Imamoglu !", "Le jour viendra où les rôles s'inverseront et l'AKP devra rendre des comptes", ont scandé les manifestants, en référence au parti au pouvoir du président Erdogan.

Le procès s'est ouvert au tribunal de Silivri, situé à 80 kilomètres à l'ouest d'Istanbul, qui fait partie du complexe pénitentiaire où M. Imamoglu est détenu.

Maire de la plus grande ville de Turquie jusqu'à son arrestation, M. Imamoglu fait face à des accusations allant de la corruption au détournement de fonds et à l'espionnage, au côté de plus de 400 autres accusés.

Le président du CHP, Ozgur Ozel, ainsi que l'épouse du maire d'Istanbul, Dilek Imamoglu étaient présents lundi dans la salle d'audience.

"Nous sommes à la fois nerveux et impatients avant l'audience. Je lui ai rendu visite la semaine dernière et il est de bonne humeur", a affirmé Mme Imamoglu aux journalistes.

Selon Tora Pekin, l'un des avocats de M. Imamoglu, l'audience de lundi pourrait consister en la lecture d'un résumé de l'acte d'accusation et de la vérification de l'identité des accusés et de la défense.

Le tribunal fixera également le calendrier et le programme des audiences, a-t-il affirmé.

L'instrumentalisation de la justice

Des organisations de défense des droits humains Human Rights Watch et Amnesty International ont dénoncé l'instrumentalisation du système judiciaire turc pour écarter les opposants politiques.

"Cela porte la marque d'une tentative d'intimidation des opposants politiques et de réduction au silence des voix dissidentes dans le pays", a affirmé Dinushika Dissanayake, directrice adjointe d'Amnesty International pour l'Europe dans un communiqué.

"Ce procès de masse est l'exemple le plus extrême de l'instrumentalisation inquiétante du système judiciaire turc, dont l'indépendance a désormais été presque entièrement anéantie", a-t-elle ajouté.

Le CHP a remporté une victoire aux élections locales de mars 2024 contre l'AKP du président Erdogan au pouvoir et a depuis fait l'objet d'une vaste répression judiciaire, avec quinze de ses maires derrière les barreaux.

A l'ouverture du procès, le CHP prévoit d'installer des tentes en signe de solidarité devant le tribunal de Silivri.

Les autorités ont toutefois interdit tout rassemblement, marche ou prise de parole jusqu'à fin mars dans un rayon d'un kilomètre autour du tribunal.

Elles ont également limité à 25 le nombre de journalistes autorisés à assister à l'audience, dont seulement cinq places réservées aux médias internationaux, a indiqué le CHP.

Les analystes estiment difficile une candidature de M. Imamoglu à la prochaine élection présidentielle.

Même s'il est innocenté des accusations de corruption, il se heurte à un obstacle juridique encore plus important: une action en justice contestant la validité de son diplôme universitaire, condition constitutionnelle pour les candidats à la présidence.

S'il est inéligible, les observateurs politiques s'attendent à ce que l'actuel dirigeant du CHP, Özgür Özel, devienne le candidat de l'opposition à la présidentielle.

bg-hmw/pcl

Des soldats turcs montent la garde derrière des barricades devant le tribunal de Silivri, où le maire d'Istanbul doit comparaître dans une affaire de corruption, le 9 mars 2026  à Istanbul
Des soldats turcs montent la garde derrière des barricades devant le tribunal de Silivri, où le maire d'Istanbul doit comparaître dans une affaire de corruption, le 9 mars 2026 à Istanbul
• BERK OZKAN
Une partisane d'Ekrem Imamoglu, le maire emprisonné d'Istanbul, visite une réplique de sa cellule lors d'une manifestation devant le tribunal de Silivri où il comparaît dans une affaire de corruption, le 9 mars 2026 à Istanbul
Une partisane d'Ekrem Imamoglu, le maire emprisonné d'Istanbul, visite une réplique de sa cellule lors d'une manifestation devant le tribunal de Silivri où il comparaît dans une affaire de corruption, le 9 mars 2026 à Istanbul
• BERK OZKAN
Des partisans du maire d'Istanbul emprisonné, Ekrem Imamoglu, manifestent devant le tribunal de Silivri où il comparaît dans une affaire de corruption, le 9 mars 2026 à Istanbul
Des partisans du maire d'Istanbul emprisonné, Ekrem Imamoglu, manifestent devant le tribunal de Silivri où il comparaît dans une affaire de corruption, le 9 mars 2026 à Istanbul
• BERK OZKAN
Des partisans du maire d'Istanbul emprisonné, Ekrem Imamoglu, manifestent devant le tribunal de Silivri où il comparaît dans une affaire de corruption, le 9 mars 2026 à Istanbul
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• BERK OZKAN