Surendettement en Guadeloupe : le nombre de dossiers s’envole de 23% en un an
L'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM) a dévoilé, le 6 mars 2026, les chiffres du surendettement en Guadeloupe pour l'année 2025. Le constat est alarmant : avec 817 dossiers déposés, l'archipel connaît une hausse vertigineuse de 23,4 % par rapport à 2024.
Ils étaient 662 en 2024. Ils sont désormais 817. En l'espace d'un an, le nombre de Guadeloupéens contraints de saisir la commission de surendettement a bondi de près d'un quart (+ 23,4 %). Une progression qui place l'archipel très au-dessus de la moyenne des départements et collectivités d'Outre-mer de la zone euro (+ 20 %) et surtout de la France hexagonale, où la hausse se limite à + 9,8 %. Rapporté à la population, ce chiffre est tout aussi parlant. En 2025, la Guadeloupe a enregistré 252 dépôts de dossiers pour 100 000 habitants. C'est davantage que la moyenne ultramarine (223 dépôts), mais légèrement moins que l'Hexagone (267 dépôts pour 100 000 habitants âgés de 15 ans et plus).
Au total, l'endettement cumulé des ménages surendettés de Guadeloupe atteint 27,7 millions d'euros en 2025. Une somme qui se répartit en trois grandes catégories. Sans surprise, ce sont les dettes à la consommation (crédits revolving, prêts personnels) qui arrivent en tête, représentant près de la moitié de l'endettement total (46 %). Viennent ensuite les dettes liées aux charges courantes (loyers impayés, factures d'énergie, etc.), qui pèsent pour 33 % dans la balance. Les dettes immobilières, elles, constituent 21 % de l'endettement global. Autre indicateur préoccupant : l'endettement médian hors immobilier s'établit à 19 813 euros en Guadeloupe. Un montant plus élevé que dans les autres Outre-mer (18 048 euros) et qu'au niveau national (17 951 euros). Signe que lorsque le surendettement frappe en Guadeloupe, il frappe souvent plus durement.
Davantage de dettes effacées qu'ailleurs
Face à ces situations, la commission de surendettement a mis en œuvre des mesures de traitement. En 2025, l'encours des dettes effacées en Guadeloupe s'élève à 9 millions d'euros. Cela représente 31,1 % du montant total des dettes des dossiers clos, un taux nettement supérieur à celui observé dans l'ensemble des Outre-mer (22,4 %) et dans l'Hexagone (23,6 %). En moyenne, par dossier traité, ce sont 27 011 euros qui ont été effacés pour les ménages guadeloupéens. Là encore, le montant est bien plus élevé que dans les autres territoires ultramarins (19 918 euros) et qu'en France hexagonale (19 251 euros).
Face à cette dégradation, l'IEDOM rappelle son rôle d'accompagnement. Comme le souligne François GROH, Ex-directeur de l'IEDOM de la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, remplacé ce lundi 9 mars par Alexandre Gautier : "L'IEDOM est pleinement mobilisée pour informer, orienter et accompagner les ménages confrontés à des difficultés financières. Nos équipes sont à leur écoute pour leur proposer des solutions adaptées, dans des délais maîtrisés". Un message de vigilance et de soutien, alors que les chiffres du surendettement continuent de grimper dans l'archipel, reflet des fragilités économiques et sociales persistantes de la Guadeloupe.
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