Après plusieurs incidents graves impliquant des scooters lors des défilés carnavalesques, le préfet de Guadeloupe a sorti l'artillerie lourde. Un arrêté interdit purement et simplement la circulation des deux-roues motorisés pendant les festivités de la mi-carême.
L'ambiance était jusqu'alors à la fête, mais certains ont joué les trouble-fêtes. Le préfet Thierry Devimeux n'a pas apprécié. Dans le viseur des forces de l'ordre : les conducteurs de deux-roues qui transforment les défilés en zones de danger. Deux épisodes ont particulièrement marqué la saison carnavalesque. Le dimanche 25 janvier 2026, à Pointe-à-Pitre, un scootériste circulant à vive allure sur un trottoir a semé la panique parmi les piétons avant d'être interpellé après une chute. Quelques jours plus tard, le dimanche 1er février, c'est aux Abymes qu'un conducteur de deux-roues a délibérément foncé sur un policier qui tentait de l'arrêter. Des comportements que le représentant de l'État qualifie sans ambages "d'irresponsables". Dans un communiqué publié ce mardi 10 mars, il condamne avec "la plus grande fermeté" ces agissements qui mettent en danger à la fois les participants et les forces de l'ordre.
Un arrêté préfectoral pour museler les moteurs
Pour éviter que le scénario ne se répète lors des déboulés de la mi-carême, le préfet a pris les devants. L'arrêté n° 2026-063-CAB/BSI, signé le 5 mars 2026, acte une mesure radicale mais jugée nécessaire au vu des risques. Pendant près de treize heures, du jeudi 12 mars 2026 à 12h00 au vendredi 13 mars 2026 à 01h00, la circulation des deux-roues motorisés sera totalement interdite dans toutes les rues empruntées par les défilés et les déboulés. Motocyclettes, scooters, cyclomoteurs, quelle que soit leur cylindrée : aucun véhicule à deux roues et à moteur ne sera toléré dans le périmètre festif. Seules exceptions à la règle, listées à l'article 3 de l'arrêté : les véhicules des forces de sécurité intérieure, les secours et pompiers, les services municipaux et préfectoraux dûment autorisés, ainsi que quelques véhicules expressément habilités pour des nécessités de service.
Les autorités préviennent : il ne s'agit pas d'une simple recommandation. L'arrêté a valeur légale et son non-respect exposera les contrevenants à des sanctions. L'article 4 précise que toute infraction sera constatée et sanctionnée conformément au Code de la route et au Code pénal. Amendes, immobilisation du véhicule, voire poursuites judiciaires : le menu est clair pour ceux qui seraient tentés de forcer le passage. Le directeur de cabinet du préfet, le commandant de gendarmerie et le directeur territorial de la police nationale sont d'ores et déjà chargés de l'exécution de cet arrêté sur le terrain.
Un équilibre entre fête et sécurité
Si la mesure peut sembler radicale pour les amateurs de deux-roues, elle répond à une logique implacable : dans les rues étroites où défilent des milliers de personnes, parfois en état d'ébriété, la cohabitation avec des engins motorisés est devenue impossible. Le préfet le rappelle dans les attendus de son arrêté : les festivités carnavalesques rassemblent "un nombre important de participants et de spectateurs" dans des périmètres "à forte densité de population". La priorité est donc à la prévention des troubles et à la facilitation de l'intervention des secours.
Reste à voir si cette interdiction sera respectée. Les forces de l'ordre, police nationale et gendarmerie, seront déployées en nombre pour veiller au grain. La mi-carême pourra ainsi battre son plein, sans le vrombissement des moteurs pour couvrir la musique.
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