Air France et KLM augmentent leurs tarifs vers les Outre-mer, le billet prend 50 euros
Face à l'explosion du prix du kérosène, qui a doublé en deux mois, Air France et KLM ont annoncé ce jeudi une hausse de leurs tarifs sur les vols long-courriers, y compris à destination des Outre-mer. Dès mercredi, les billets émis en classe économique ont pris 50 euros aller-retour.
La nouvelle est tombée par une déclaration transmise à l'AFP ce jeudi, confirmant une information du quotidien Les Échos. Air France-KLM, le groupe aérien franco-néerlandais, a officialisé l'augmentation de ses tarifs sur les vols long-courriers pour les billets émis à compter du mercredi 11 mars. Concrètement, en classe économique, les tarifs augmenteront de 50 euros aller-retour. Une somme qui peut paraître modeste au premier abord, mais qui représente un surcoût significatif pour une famille de quatre personnes (200 euros), ou pour un étudiant devant rentrer au pays plusieurs fois dans l'année. Le groupe précise que cette mesure concerne l'ensemble de ses destinations long-courriers, y compris les territoires ultramarins. Les Antilles, La Réunion, la Guyane et Mayotte sont donc directement touchés par cette hausse. Les compagnies Air Caraïbes et Corsair ont également révélé avoir "ajusté leur tarification en cohérence avec l'évolution des conditions de marché".
Le kérosène à 168 dollars, le double du prix de janvier
Derrière cette décision, un mot : le kérosène. Son prix s'est littéralement envolé dans le sillage du conflit iranien. Mercredi, le cours mondial moyen du carburant d'aviation a atteint près de 168 dollars le baril, selon l'indice de référence Platts. Une légère décrue par rapport au début de semaine, mais un niveau qui reste le double de celui du 2 janvier. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial du pétrole, a d'ailleurs brièvement repassé la barre des 100 dollars jeudi, malgré un déblocage sans précédent des stocks pour éviter une pénurie mondiale.
L'écart entre le brut et le kérosène s'explique par les coûts de raffinage, mais aussi par la place secondaire du kérosène dans la hiérarchie des industriels. Selon l'Association internationale du transport aérien (Iata), ce carburant ne représente que 9 % des produits raffinés, loin derrière l'essence ou le gazole, jugés plus prioritaires. Les carburants constituent l'un des tout premiers postes de dépense des compagnies aériennes, parfois le premier. L'Iata avait calculé, sur la base d'un baril de kérosène à 88 dollars (un chiffre désormais obsolète), que les transporteurs y consacreraient 252 milliards de dollars cette année, soit 25,7 % de leurs coûts d'exploitation. Avec un baril à 168 dollars, l'addition devient tout simplement insoutenable pour les compagnies qui n'ont pas sécurisé leurs approvisionnements à l'avance.
Air France-KLM avait anticipé, mais pas suffisamment
Le groupe Air France-KLM avait pourtant renforcé sa stratégie de "couverture" ces derniers mois. En février, il annonçait avoir sécurisé 70 % de ses approvisionnements pour le trimestre en cours et le suivant, et 60 % pour le trimestre d'après. Une politique qui permet d'acheter le carburant à prix fixe plusieurs mois à l'avance, pour se prémunir contre les fluctuations. Mais visiblement, le choc a été trop brutal, et la guerre trop longue, pour que cette couverture suffise à absorber l'intégralité de la hausse. D'où la décision de répercuter une partie du surcoût sur les passagers.
Air France et KLM ne sont pas les premières à franchir le pas. Ces derniers jours, plusieurs transporteurs internationaux ont annoncé des surcharges similaires : SAS, Cathay Pacific, Air India et Qantas ont déjà relevé leurs prix. En revanche, Transavia, la filiale low-cost d'Air France-KLM, n'a pas pris de décision d'augmentation pour l'instant. Un porte-parole a indiqué jeudi à l'AFP que la compagnie "reste attentive à la situation et prendra les mesures le cas échéant". Une prudence qui laisse présager une possible hausse à venir si le conflit perdure.
Un coup dur pour les Outre-mer
Cette augmentation tombe au pire moment pour les Ultramarins. Entre les étudiants qui doivent rentrer pour l'été, les familles qui organisent leurs vacances et les professionnels qui voyagent, la hausse de 50 euros représente une nouvelle charge dans un budget déjà lourdement grevé par le coût des transports. Pour beaucoup, le billet d'avion est déjà un luxe. Avec cette hausse, il devient un peu plus inaccessible. Reste à savoir si d'autres compagnies desservant les Outre-mer emboîteront le pas, et si la situation géopolitique permettra un retour à la normale avant l'été.
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